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Appel à participation

BrusselAVenir réalise des histoires futuristes avec et pour les Bruxellois. L’un de nos projets a été la réalisation de 20:30 Bruxsels Talks, une émission de radio se déroulant dans le futur où il était question de discuter des enjeux environnementaux et de la façon dont Bruxelles est parvenue à résister aux dérèglements climatiques.

À l’occasion d’un camp d’été de cinq jours en Slovaquie, nous allons réaliser une histoire futuriste abordant la question de l’avenir des jeunes et des relations à Bruxelles et Bratislava en 2035.

En 2035, les enfants et les nouveau-nés d’aujourd’hui seront des jeunes. Ils auront grandi dans une ère marquée par des pandémies, la présence dominante de réseaux sociaux et une multitude d’incertitudes.

Nous nous sommes entretenus avec de nombreux jeunes et avons déjà discuté avec eux de leur façon de tisser des liens, des formes que revêtent leurs relations familiales, amicales, amoureuses, de leur rapport à la société. Nous allons désormais utiliser les idées que nous avons rassemblées pour les mettre au profit d’une histoire futuriste. Si nous savons qu’il s’agira d’une vidéo, nous ne connaissons pour le moment rien de quel type de vidéo, il sera question ni de ce à quoi elle ressemblera : il s’agit là de quelque chose que nous déciderons ensemble au cours de notre séjour en Slovaquie.

L’avenir vous fascine ? Vous faire des rêves fous ? Fabriquer des choses ? Travailler en équipe ? Vous voulez contribuer à la construction du futur de Bruxelles ? 

Envoyez-nous une lettre de motivation ou une vidéo ici.

Date limite de dépôt des candidatures : 10 août 2022

Nous recherchons :
Des bruxellois (vivant/étudiant/travaillant à Bruxelles) entre 13 et 30 ans….
ayant un intérêt pour l’avenir et les arts…
ayant au moins une connaissance de base de l’anglais

Nous offrons :
Un atelier futuriste de cinq jours en Slovaquie, en compagnie d’un groupe de jeunes slovaques.
Les frais de voyage, l’hébergement et trois repas par jour sont inclus. Nous demandons €35 comme contribution.
L’accompagnement de deux membres de l’équipe de BrusselAVenir.

Quelques prérequis avant de vous inscrire :
Avoir entre 13 et 30 ans
Être libre du 20 au 24 août
Pouvoir se libérer au moins 5 jours après le mois d’août pour pouvoir finaliser le projet (les dates de rencontre seront décidées avec le groupe).
Si vous êtes mineur, avoir l’autorisation de vos parents ou de votre tuteur légal.

Vous pouvez présenter votre candidature sur le Google Forms.

Ce projet est financé par Erasmus Plus.


Être jeune + relations saines + médiateurs technologiques

#Question3 #Jeunesse #SantéMentale #Technologie #2021

Avertissement : Cet article est le résultat d’interviews d’experts, de recherches documentaires et de discussions avec les Bruxellois autour de la question de recherche « Comment les jeunes Bruxellois tisseront-ls des liens les uns avec les autres en 2035 ? » L’objectif de cette recherche est de dresser un état des lieux et d’analyser les tendances. Nous nous en servirons comme base pour nos histoires du futur.

SOMMAIRE

👶 Les jeunes de demain
🧑‍🎤 Les jeunes d’aujourd’hui
👭 Des relations saines pour les jeunes
📱 Des évolutions technologiques qui pourraient influencer la façon dont nous nous lions aux autres
🔮 Futures?

Les jeunes de demain

Chère Bruxelles,

Tu es la plus jeune capitale d’Europe et laplus jeune région de Belgique.

Avez-vous déjà pensé aux jeunes de l’avenir dans notre ville ?

Les jeunes de 2035 à Bruxelles, c’est-à-dire la génération Alpha, les bébés d’aujourd’hui, les enfants des Millennials, les petits frères et sœurs de la génération Z, … que savons-nous d’eux par rapport aux générations précédentes ?

  • Ils seront plus nombreux
  • Ils auront des origines ethniques et culturelles plus diverses.
  • Ils auront des parents plus âgés
  • Ils grandiront dans des familles plus petites 
  • Ils seront la génération la plus éduquée, la plus douée pour le numérique et la plus connectée au monde à ce jour
  • Ils vivront plus longtemps

Pour avoir une idée de ce que signifie être jeune dans notre ville, jetons un coup d’œil aux jeunes d’aujourd’hui à Bruxelles.

Les jeunes Bruxellois sont liés à leurs pairs, à leur quartier et à leur origine ethnique. La diversité au sein de la génération est très grande et il y a une grande différence entre les jeunes qui vivent dans différents quartiers.

La plupart d’entre eux se sentent déconnectés de la politique et de leur ville. Beaucoup se sentent exclus d’une part et stigmatisés par les médias et la police d’autre part. Cette situation est souvent liée à leur origine ethnique et à la commune dans laquelle ils vivent.

En général, un jeune Belge sur quatre est affecté par des symptômes anxieux ou dépressifs, soit deux fois plus qu’avant la pandémie. En juin 2021, un jeune Belge sur six a déclaré avoir envisagé le suicide au cours des 12 derniers mois.

C’est donc Bruxelles. Et qu’en est-il des jeunes en général ? 

Les jeunes d’aujourd’hui

Ils sont une génération d’épuisement. D’une part, les problèmes de santé mentale sont plus nombreux et nouveaux (bigorexie et anxiété climatique par exemple). D’autre part, il y a plus d’ouverture sur le sujet (Stromae chante à ce sujet, Angèle parle de ses luttes sur Netflix) ainsi que des efforts pour y faire face. Des jeux, comme Depression The Game, qui vous apprennent à éprouver de l’empathie pour les personnes déprimées par exemple, ou des applis, comme MOODFIT, qui vous aident à penser de manière plus positive. 

Batailles générationnelles. La médiatisation de la pensée générationnelle et des défis intergénérationnels a conduit à un pointage du doigt d’une génération à l’autre, les connexions avec les générations plus âgées ne sont pas si faciles pour la Gen Z. La Gen Z accuse les babyboomers de ruiner la planète, ils se moquent des Millennials qui portent des pantalons moulants et ils se sont sentis stigmatisés lorsque certains d’entre eux se sont mal comportés pendant la pandémie.  

Ils ont des vies sociales hybrides et sont sociaux avec n’importe quelle interface, stimulés par la pandémie. Ils se font des amis sur Discord, ils reconstruisent leur école dans Minecraft pour y traîner, ils se font des amis lors de cyber raves en réalité virtuelle, assistent à un concert virtuel de Zwangere ou voient Travis Scott donner une représentation dans Fortnite avec 12,3 millions d’autres personnes. Le fait de couper l’analogique a également conduit à une plus grande sensibilisation aux aspects en ligne et hors ligne de la vie, cependant. Ils vont dans les montagnes, ils font du skate, ils font du pain et s’occupent des plantes.

Ils sont difficiles à saisir. Multitudes. La formation consciente de l’identité et la diversité des plateformes d’expression en ligne et hors ligne ont conduit à un ensemble complexe de couches du soi. Aujourd’hui, cela va plus loin que le simple fait d’avoir un rinsta et un finsta. Ils se montrent différemment, parlent différemment, valorisent des choses différentes selon la plateforme, ou le coin de niche de la plateforme où ils se trouvent (car oui, outre le TikTok droit avec des danses et des comédies, il y a le DeepTok avec des choses absurdes et bizarres à propos, par exemple, des haricots et les grenouilles ou les faux comptes prétendant être des grands magasins).

Le bon, le mauvais et le débat. À une époque où l’esprit d’entreprise et l’activisme prévalent et où il n’existe pas de cadre moral commun, juger et policer fait partie de la vie quotidienne. Les opinions collent et divisent. La cancel culture est partout.

Les relations fluides sont la norme, l’expérimentation et la redéfinition des relations et des partenaires se font avec une ouverture jamais vue. Ils sont explicites sur les rencontres pour l’argent et les préférences BDSM, ils gagnent de l’argent sur Onlyfans et tombent amoureux d’IA. Et quand ils en ont fini avec vous, ils vous ghostent.

Et les relations sont exactement ce dont nous avons besoin pour nous sentir mieux, non ?

Des relations saines pour les jeunes

Les relations sont la variable qui influence le plus la qualité de notre vie. Pas votre bénéfice en bitcoins, vos followers sur Instagram ou vos implants mammaires. 

La qualité de vos relations est plus importante que la quantité. La qualité ne signifie pas la perfection. Il s’agit de construire des liens de codépendance solides, une mission de vie partagée, des valeurs et des objectifs communs, un sentiment de confiance, de savoir que vous pouvez compter sur les autres et qu’ils peuvent compter sur vous, de partager des moments joyeux et d’être pleinement accepté.

Comment se portent les jeunes en termes de liens affectifs ?

L’adolescence est une période de développement physique, social et psychologique rapide, avec des explorations cruciales de l’identité sexuelle, de la sexualité, des relations et de l’intimité.

Les adolescents découvrent une nouvelle compréhension non seulement du soi, mais aussi de l’interaction humaine. Ils deviennent plus indépendants de leur famille et il devient plus important d’être compris et accepté par leurs pairs

Leur cerveau en pleine maturation est très sensible aux influences de l’environnement et leur capacité de réflexion conséquente est encore limitée ; ils ne prennent pas toujours des décisions sages ou saines.

Y a-t-il des tendances mondiales qui influenceront la manière dont nous nous lierons les uns aux autres à Bruxelles ?

Des évolutions mondiales qui pourraient influencer la façon dont nous nous lions entre nous

Croissance des influences culturelles non occidentales

Le déplacement des pouvoirs culturels, technologiques, politiques et économiques, combiné à des crises mondiales comme le changement climatique et les guerres, influencera nos vies à Bruxelles. L’Asie compte à elle seule plus de deux milliards de jeunes, soit le double des jeunes du reste du monde. En outre, des entreprises asiatiques comme TikTok vont médiatiser notre interaction sociale. De même, les nouveaux flux de réfugiés influenceront nos valeurs et la manière dont nous entrons en relation les uns avec les autres.

De nouveaux espaces virtuels pour la vie sociale

Un réseau de mondes virtuels en 3D comme Facebooks Horizon Worlds ou pour les enfants Roblox est conçu comme le prochain média social, où l’on peut se retrouver, travailler, apprendre, jouer, faire la fête, assister à des concerts et discuter de politique en tant qu’avatar créé par soi-même. 

Le metaverse dispose d’une technologie brevetée qui pourrait suivre ce que vous regardez et la façon dont votre corps bouge dans la réalité virtuelle afin de cibler les publicités sur vous. Les plateformes seraient en mesure de collecter des photos et des informations personnelles de leurs utilisateurs. Les mineurs sont exposés à des contenus sexuels graphiques, à un langage raciste et violent, à des brimades et à d’autres formes de harcèlement dans les plateformes de RV. Cela influencera notre capacité à décoder les informations vraies, notre santé mentale et notre capacité à créer des liens dans la vie réelle.

De nouveaux outils pour se comprendre

Le métamodernisme est une intégration des codes culturels modernes, postmodernes et prémodernes (indigènes et traditionnels), qui pourrait conduire à un multiperspectivisme et à une compréhension interculturelle et transhistorique. Toutes sortes d’outils nous aident à mieux nous comprendre (par exemple, la traduction en temps réel de la parole, même à travers des oreillettes). Grâce à la future technologie BCI (brain computing interface), nous serons également en mesure de mieux communiquer avec des personnes souffrant de handicaps graves et même d’établir un dialogue élémentaire avec des enfants en bas âge, des animaux de compagnie et des animaux sauvages.

De nouveaux outils pour être intime

En combinant le meilleur des mondes physique et numérique, vous pouvez créer de nouvelles expériences. L’IA, la réalité augmentée, les wearables et les environnements numériques vont changer la façon dont nous nous rencontrons, interagissons, faisons l’amour et mettons fin à nos relations. Les environnements de type Holodeck et la réalité virtuelle, combinés à des appareils réalistes et peut-être même à une combinaison Teslas, peuvent créer de nouvelles possibilités sexuelles passionnantes, voire développer des relations avec des non-humains. Cela influencera la manière dont nous serons intimes avec d’autres humains.

De nouvelles technologies pour améliorer nos compétences sociales

Les technologies portables et implantables nous permettront d’améliorer nos compétences (sociales) existantes ou d’en acquérir de nouvelles. Lorsque nous utiliserons la technologie BCI (brain computing interface), notre esprit se connectera directement au web pour répondre à n’importe quelle question. Une version future de l’internet pourrait être formée en connectant les esprits au lieu des ordinateurs. Les systèmes d’apprentissage automatique peuvent étudier les mouvements des muscles du visage et détecter les mensonges, pirater le cerveau et améliorer la personnalité.  Des technologies telles que les médicaments, la stimulation électrique transcrânienne, les implants cérébraux et le génie génétique peuvent améliorer les connexions entre les parties du cerveau, afin d’augmenter les performances multitâches, l’attention et la durée de la mémoire de travail. Avec la chirurgie de neuromodulation, nous pourrions nous débarrasser des troubles mentaux. Mais lorsque la technologie BCI deviendra courante, nous devrons nous inquiéter des futurs criminels qui pirateront nos esprits, voleront nos souvenirs, implanteront des souvenirs et contrôleront notre esprit.

Compte tenu des évolutions que nous constatons, que devons-nous penser de l’avenir de la liaison ?

L’avenir ?

L’avenir des relations intimes

Serons-nous appariés et suivrons-nous nos relations en fonction de nos valeurs, intérêts, humeurs et données biométriques ?

Les relations amoureuses seront-elles poly, pan, temporaires, marchandes, internationales, interculturelles, interplanétaires et/ou inter-espèces ? 

Comment les outils technologiques et les espaces virtuels s’articuleront-ils avec l’intimité analogique ? 

L’avenir des liens avec la famille et les amis

Comment allons-nous équilibrer notre temps entre notre famille biologique et notre « famille d’amis choisie » ?

Comment allons-nous nous faire des amis et entretenir nos amitiés, d’une part, et entretenir des relations avec des personnes aux opinions différentes, d’autre part ?

Comment les technologies numériques et analogiques vont-elles déclencher et faciliter le soutien, la solidarité et les expériences partagées avec la famille et les amis ?

L’avenir des liens avec la société

Comment la technologie va-t-elle rapprocher et diviser et comment cela va-t-il influencer la façon dont nous nous faisons confiance ?

Comment les jeunes contribueront-ils à leur communauté et donneront-ils un sens à leur vie ?

Comment les liens intergénérationnels, interculturels, d’interabilité, de genre, interlinguistiques,… se produiront-ils dans la ville ?

Et surtout… que voulons-nous ?

De nombreuses questions ont surgi au cours de cette recherche. Dans une série de LabAvenirs, nous débattrons de ces questions, et nous mettrons la réponse dans un morceau de musique, une installation, une performance,… des futurs de Bruxelles.


Six chemins vers le Bruxels de 2030 

Six principes directeurs pour partager Bruxelles entre nous en 2030

Durant un an, nous avons discuté avec de citoyens et des experts à propos dru passé, du présent et du futur dans le cadre de notre question de recherche : « Comment allons-allons-vous partager la ville entre nous à Bruxelles en 2030 ? » Cela a eu lieu d’octobre 2020 à novembre 2021 avec 482 personnes à travers dix LabAVenirs, cinq Window Cafes, et quarante rendez-vous en tête à tête avec des experts et des partenaires.

Nous avons rassemblé plusieurs idées et déclarations qui nous montrent des futurs possibles. Inspiré par cela, nous avons formulé six principes essentiels au partage de la ville les unes avec les autres en 2030.Nous avons présenté lesdits principes à l’occasion d’un laboratoire d’experts en ligne, et nous les avons redéfinis ensemble. Ces sont principes sont à la base de nos futures stories.

Vous trouverez ci-dessous des extraits issus de différentes conversations avec des bruxellois et  comment ces témoignages de citoyens ont mis en avant chaque principe et clarifié ce sur quoi ils devraient porter.

1. 

« Je ne veux pas de mélange forcé ou d’hybridation futuriste. » ; « Partager signifierait ouvrir ma culture. » ; « Sortir de ma bulle signifie concilier mon identité avec l’identité locale. » ; « S’ouvrir signifie qu’aucune des communautés, pas même les communautés locales, ne peut prétendre avoir suffisamment de règles culturelles pour devenir la culture dominante dans notre société. » ; « Nous devons remettre en question le comportement dominant qui règne dans les espaces ouverts. » ; « Tout est trop organisé, ce qui tue la spontanéité. » ; « Faisons de l’opéra à Molenbeek et du rap à Woluwe. » ; « Ce n’est pas confortable quand il y a trop d’interculturel ; nous avons besoin d’une ouverture des cultures mais aussi de maintenir des espaces où les gens peuvent avoir leurs propres cultures. » ; « Bruxelles est un melting-pot, les gens ici ne sont pas prisonniers du dogme ‘c’est comme ça que vous devez faire les choses’. Nous pouvons apprécier la mixité ici ».

POLLINISATION CROISÉE ENTRE LES GROUPES

La question du partage de la ville en 2030 n’est pas uniquement une question de coexistence mais implique aussi l’idée de pollinisation croisée des groupes. L’idée est qu’un véritable intérêt pour les cultures et less pratiques se substitue à la simple tolérance. Le tout dans le respect, en se débarrassant des stéréotypes et de la surenchère.

« Il serait intéressant d’avoir des espaces temporaires autour de différentes cultures, communautés et pratiques pour remettre en question nos idées. Ce serait une façon pour la ville d’évoluer avec ses citoyens. » ; « Nous pouvons avoir la zinnekeparade, le dimanche sans voiture et un carnaval… mais avec moins de préparatifs pour abaisser le seuil de participation. » ; « Nous avons besoin d’espaces indéfinis dans la ville, qui sont conçus pour la spontanéité. » ; « Nous avons besoin de plus de logements mixtes. » ; « Nous avons besoin au quotidien dans la ville d’espaces conçus pour accueillir des besoins multigénérationnels et multiculturels. » ; « Ce n’est pas en exprimant tellement votre propre culture que vous construisez des ponts. C’est en respectant les frontières des autres que l’on construit des ponts. »

2.

« Il est difficile de développer la confiance et la solidarité avec des personnes différentes de vous. » ; « Il ne devrait pas y avoir de différence entre les expats et les migrants. » ; « La diversité consiste avant tout à reconnaître l’inégalité. » ; « Il y a beaucoup de peur autour des différences. » ; « Tout est trop réglementé, je ne vois pas d’enfants grimper aux arbres. » ; « La prise en charge trop institutionnalisée nous limite dans la dépendance aux autres. » ; « Tant de gens voient Bruxelles comme une ville de transition, c’est difficile pour la cohésion sociale. »  ; « Il est difficile d’entrer en contact avec des personnes qui sont en transition à Bruxelles, qui ne prévoient pas d’y rester longtemps. » ; « Comment éduquer des gens qui viennent d’arriver à la diversité alors qu’ils ne resteront peut-être pas longtemps ? »

UNE ATTENTION ET UNE SOLIDARITÉ ÉTENDUES POUR TOUS

Partager la ville entre nous à Bruxelles en 2030 exige que nous allions au-delà des attentions et de la solidarité uniquement adressée aux personnes que nous connaissons. La solidarité étant principalement bâtie sur la familiarité, il est difficile d’être solidaire avec des personnes qui sont très différentes de nous ou qui sont ici temporairement. Il est nécessaire de mettre l’accent sur les points communs plutôt que sur les différences. Le style de vie individualiste peut laisser place à plus d’interdépendance et d’attention mutuelle.

« Il faut se libérer des préjugés, des clichés, des ghettos. » ; « On voit une montée de la solidarité entre les étrangers en raison des luttes communes en temps de crise. Nous pouvons simuler une crise dans la ville. » ; « L’intégration à Bruxelles peut être obligatoire et concerner tout le monde, c’est une opportunité de devenir Brusseleir même si vous n’êtes ici que temporairement. Nous pouvons avoir différentes étapes et une approche plus personnalisée de l’intégration. » ; « L’éducation des nouveaux arrivants à la diversité et au respect est un acte politique et il faut en faire une priorité. » ; « Les activités culturelles et la vie associative (bénévolat) aident les nouveaux arrivants à créer des cercles sociaux. » ; « Nous avons besoin de centres communautaires ouverts à bas seuil où différentes personnes peuvent venir et organiser plusieurs activités. »

3.

« Pour moi, la question est la suivante : tout le monde doit-il aller dans tous les endroits de la ville ? » ; « Si nous parlons de partager la ville, il semble que nous parlons de la découper, de tracer des lignes et de donner des endroits aux uns et aux autres. » ; « Ce n’est pas facile de trouver un appartement à Uccle ou Woluwe, les gens ne veulent pas louer un appartement à des étrangers. Alors on doit aller à Molenbeek ou à Anderlecht. » ; « On ne traverse pas le canal. » ; « Je ne me sentirais pas appartenir à un autre quartier de Bruxelles que celui où j’habite. » ; « Je me sens en sécurité dans ma commune. » ; « Certains quartiers sont morts. Il faudrait développer partout des lieux comme les maisons de jeunes, ils font vivre les quartiers morts. » ; « Je ne romps pas avec l’idée que nous devons être « tous ensemble, partout ». Ce dont nous avons besoin, c’est d’une meilleure accessibilité aux différents quartiers. Aujourd’hui, si je veux aller à Uccle, cela me prend une heure. » ; « Le partage de la ville est difficile. Nous partageons certaines parties de la ville. Nous partageons les rues. Mais il y a aussi des endroits que nous ne partageons pas. »

DES MUNICIPALITÉS CONNECTÉES

Le partage de la ville entre tous les habitants de Bruxelles en 2030 peut nous permettre de bâtir es ponts aux sens propre et figuré, et de relier les différentes municipalités afin de se débarrasser des préjugés et de voisinage. Les gens se sentent bien dans un quartier lorsque ses caractéristiques leur procurent un sentiment de familiarité, mais cela le rend souvent moins accueillant pour les autres. Nous constatons donc un paradoxe entre le fait de veiller à ce que les gens se sentent chez eux et celui de faire en sorte que chacun se sente le bienvenu. Nous ne devons pas faire en sorte que chacun se sente chez lui partout, mais plutôt qu’il se sente le bienvenu. 

« Le sentiment de sécurité peut être stimulé en allant collectivement dans différents quartiers. » ; « Nous avons besoin d’un grand « mariage polygame », d’une grande union entre différentes communes de Bruxelles. » ; « Nous avons besoin de plus de logements sociaux dans les quartiers riches. » ; « Les lieux existants tels que les bibliothèques peuvent servir de ponts entre les communes. » ; « Des projets plus participatifs au niveau régional peuvent rassembler des personnes de différentes communes. » ; « Nous avons besoin d’une politique de « villes jumelles » qui affecterait à chaque commune une jumelle pendant avec laquelle elle devra organiser des projets, avant de s’en voir attribuer une autre. »

4.

« Dois-je choisir entre deux langues à Bruxelles ? » ; « La promotion du monolinguisme dans une ville multiculturelle comme Bruxelles est très discutable, d’autant plus que nous partageons la ville. » ; « Je rêve à Molenbeek d’un beau hammam avec des mosaïques, avec un salon de thé… un endroit magnifique qui montre la culture marocaine. » ;  « Pendant le Covid, nous étions dans des chambres d’écho en ligne, et à l’extérieur, nous partagions les parcs et les outils de fitness avec des inconnus. Cela rendait les différences très visibles dans les espaces publics et on ne se sentait pas en sécurité dans ces lieux. » ; « La vision institutionnelle de la diversité en tant que sujet est encore vieille école. Souvent, en parlant de diversité, on pense aux migrants et aux populations vulnérables. » ; « Pour 2030, nous devons être ambitieux. Diviserons-nous encore les gens en fonction de leur sexe ? Peut-être y aura-t-il aussi des robots dotés d’IA ? » ; « Le conflit linguistique va s’accroître en raison de l’énorme afflux de migrants apporté par le changement climatique et les guerres. » ; « La langue est une barrière qui empêche les gens d’être eux-mêmes et de se connecter aux autres. Nous pouvons la dépasser en nous connectant par le biais de compétences et d’intérêts. » ; « Nous devrions normaliser des questions telles que l’orientation sexuelle et permettre qu’elles soient exprimées en public. Mais il faut se sentir en sécurité pour le faire. Idéalement, tout le monde devrait se sentir en sécurité pour s’exprimer. Super utopique. »

FACILITER LA PLURALITÉ

Le partage de la ville entre les habitants de Bruxelles en 2030 facilite la pluralité des modes de vie et des identités. Il s’agit d’accueillir la pluralité des expressions culturelles, des langues, des genres, des perspectives et des espèces. En créant un espace social et politique pour la pluralité, nous pouvons faire de Bruxelles un véritable laboratoire pour l’avenir des villes. L’éducation a un rôle important à jouer pour enseigner le multiculturalisme et le multilinguisme. 

« Il y a aussi un réconfort dans le fait que tout le monde est si visuellement différent. Vous n’êtes pas l’intrus. Montrez à quel point il est puissant d’être soi-même sans complexe. » ; « Ce n’est pas seulement le système éducatif mais aussi les villes qui ont la responsabilité d’enseigner la pluralité. Si un jeune ne trouve pas de réponses à l’école, il serait étonnant qu’il les trouve en ville. » ; « Et si on pouvait apprendre une langue en cuisinant ou en faisant de l’escalade ? » ; « Nous devons repenser les pronoms que nous utilisons dans notre langage quotidien. » ; « L’anglais peut devenir une langue officielle et nous devrions pouvoir faire du travail administratif dans n’importe quelle langue. » ; « Nous avons besoin de célébrations collectives de divers festivals et, par ce biais, d’une présentation des différentes cultures. » ; « L’introduction et la démocratisation des dispositifs d’interprétation en temps réel peuvent changer la donne. »

5.

« À Bruxelles, j’ai besoin d’une personne pour m’aider à entrer et sortir du métro. C’est un peu triste. Cela prend du temps. » ;  « Les livres scolaires sont blancs, pas assez diversifiés. On voit la perfection partout. » ; « On sépare les personnes avec un handicap, on les met dans un bus, dans un bloc social, dans une école spéciale. Il fait les mélange avec les autres, les inclure. » ; « Quand quelqu’un a un assistant, les gens parlent à l’assistant, pas à la personne directement. » ; « Ce serait formidable si je pouvais prendre le bus sans planification ni organisation. Que je puisse juste participer avec mes amis qui sont déjà là, au lieu de venir me chercher. » ; « Les gens manquent d’éducation sur les différences car ils n’y sont pas confrontés » ; « J’adorerais participer au défilé des zinneke, mais tout le monde est debout et regarde en l’air, je suis en bas sur mon fauteuil roulant. » ; « La gestion des besoins et des désirs opposés rend le partage difficile. Par exemple : la fête n’est pas toujours compatible avec les personnes atteintes de démence, la spontanéité n’est pas toujours compatible avec la prise en compte des personnes handicapées. » ; « Les comportements dans les lieux publics comme les lieux de sport sont genrés. La sphère masculine domine sur les autres. »

DESIGN INCLUSIF

Le partage de la ville entre les habitants de Bruxelles en 2030 ne saurait advenir sans faire du design inclusif le point de départ de tout projet ou aménagement. 

En général, si vous devez rendre quelque chose accessible, vous devez beaucoup planifier. Cela tue la spontanéité. Ce n’est pas le cas si nous disposons dès le départ d’un groupe de conception « multi-besoins » chargé d’imaginer, de planifier et d’exécuter tout ce qui se passe dans la ville. Par « multi-besoins », on entend non seulement les capacités physiques ou mentales, mais aussi d’autres « handicaps », comme le fait de ne pas parler la langue locale, la compréhension culturelle, etc. Se débarrasser des tabous pour discuter des différents besoins peut être un point de départ. Pour l’avenir des villes, il est important d’offrir une égalité de conception et de services qui permette aux gens de participer de manière significative à la vie quotidienne. 

« Pour que les gens puissent participer de manière significative aux projets, la communication et l’information doivent être inclusives, dans des formats multiples (visuels, audio…) et apportées par des organisations qui atteignent des groupes spéciaux. Cela profite à tout le monde, non seulement aux personnes handicapées mais aussi aux nouveaux arrivant. » ; « Des endroits pour s’éloigner du chaos de la ville, comme des casques ou des pods. » ; « Des designs qui vous font sourire les uns aux autres. » ; « Tout le monde devrait être formé à la diversité afin que les personnes ayant des besoins particuliers n’aient pas à payer cher pour obtenir de l’aide. » ; « Lors de cortèges, de défilés ou d’événements, il est nécessaire d’avoir des véhicules faisant partie du défilé, une place sur une tribune, des toilettes publiques adaptées, un soutien pour les personnes âgées, une garde d’enfants pour soutenir les mères afin qu’elles participent. » ; « Pour inclure diverses voix dans la planification urbaine participative, nous avons besoin de crédits participatifs. »

6.

« Il existe une forte tension entre la norme officielle de « citoyenneté active » et l’intégration bureaucratique des nouveaux arrivants. » ; « Le processus d’intégration est frustrant pour les nouveaux arrivants et ne correspond pas à leurs motivations personnelles et professionnelles. » ; « Le fait de ne pas avoir un rôle actif en tant que citoyen fait que la plupart des gens n’ont pas de sentiment d’appartenance. » ; « La diversité n’est considérée comme une richesse que par les privilégiés. » ; « Les personnes d’origine européenne (autre que la Belgique) vivant à Bruxelles sont celles qui ont le moins d’intérêt pour la politique locale (municipale et régionale). » ; « La présence d’agences d’accueil distinctes, flamandes et francophones, ne permet pas d’offrir un service de réponse unitaire en termes de pratiques et de principes. » ; « Tout le monde n’a pas l’espace de tête nécessaire pour participer au city malking. » ; « Tant de familles expulsées ces deux dernières années à cause des prix inabordables. »

UN CHEZ SOI POUR TOUS 

Partager la ville entre nous à Bruxelles en 2030 est possible si nous ne laissons personne de côté et si nous faisons en sorte que chacun se sente chez lui à Bruxelles. Vous pouvez vous sentir chez vous dans une ville si vous vivez dans un logement décent. L’accès à un logement décent pour tous est donc une priorité. Viennent ensuite les activités sociales et les occasions où les gens peuvent se libérer et se mêler aux autres pour construire de riches réseaux sociaux. 

« Personne ne devrait être autorisé à posséder plus d’une maison. » ; « La sécurité ultime pour tout le monde passe par un bon logement. » ; « Une fête pour les sans-abri où nous remplissons tous les espaces vides à Bruxelles. » ; « L’apprentissage des langues peut être une plateforme d’échange entre les personnes, d’échange d’informations et de production de réseaux de soutien. » ; « Une culture où nous n’avons pas nécessairement besoin de la police mais où tout le monde peut se dire comment se comporter de manière respectueuse. » ; « Les personnes qui sont temporairement ici peuvent avoir leur mot à dire et voter sur certaines questions, mais pas prendre part aux élections. »


Bonne réception et batteries chargées : comment les jeunes Bruxellois et Bratislaves tisseront-ils des liens en 2035 ?

Avertissement : Au cours des derniers mois, nous nous sommes interrogés sur la jeunesse à Bruxelles en 2035. Nous avons arpenté les rues et demandé aux gens ce qu’ils souhaitaient savoir à propos des jeunes de notre ville dans le futur. Nous avons discuté avec des experts et recueilli des questions grâce à une campagne en ligne. Après avoir donné un sens à ces questions, nous nous sommes concentrés sur une question de recherche spécifique : « Comment les jeunes bruxellois et bratislaviens se rapprocheront-ils en 2035 ? » Dans cet article, vous pouvez lire une première exploration de cette question, sous la forme d’un Zoom talk entre Bruxelles et Bratislava.

Bratislava : Salut Bruxelles, sympa de te voir. Comment ça va?

Bruxelles : Hey Bratislava ! Pour tout te dire, j’en ai un peu marre des appels Zoom. Avec tout ce télétravail les derniers 18 mois, j’ai vraiment eu ma dose.

Bratislava : Je te comprends. Ça fait vraiment du bien d’enfin revenir à la vie hors ligne! Les terrasses et les bars sont à nouveau ouverts, tout le monde est rentré de vacances et a retrouvé son rythme de travail, les jeunes vont à l’école… La Slovaquie fait partie des pays de l’UE où les écoles ont été fermées le plus longtemps pendant la première et la deuxième vague de Covid-19. Du coup, tout le monde est vraiment excité de pouvoir retourner sur les bancs de l’école.

Bruxelles : Oui, c’est clairement une des conséquences positives de ce qu’on a vécu. La scolarisation semble revalorisée, aussi bien par les parents que par les jeunes. Mais la pandémie nous a aussi lancé quelques défis en ce qui concerne la jeunesse. Je suis super enthousiaste à l’idée de joindre nos forcesapprofondir le sujet ensemble!

Bratislava : Moi aussi! Bratislava – Bruxelles, comme quoi il y a des avantages à se suivre dans la liste alphabétique des capitales d’Europe. Et du coup, l’idée de ce projet c’est donc d’explorer « la jeunesse en 2035 » dans le but de renforcer la position des jeunes dans nos sociétés ?

Bruxelles : Exactement. Et l’étape suivante sera de rendre nos découvertes tangibles en les exprimant sous forme d’histoires futures, comme l’émission de radio du futur que BrusselAVenir a produite ici l’année dernière. Ce genre d’histoires peut nous aider, en tant que villes, à prendre de meilleures décisions aujourd’hui.

Bratislava : Cool! Et en incluant les jeunes dans le processus, nous les aidons à découvrir leur potentiel et les engageons dès maintenant dans le façonnement de nos villes.

Bruxelles : C’est ça. Et vu le rôle crucial qu’ils jouent dans les villes, nous les avons même surnommés les “Engrais du Futur” de notre ville dans le cadre de notre projet, pas vrai?

Bratislava : Tout à fait. Il faut dire qu’ils ne sont pas seulement les entrepreneurs, les enseignants, les politiciens et les chefs de famille de demain. Aujourd’hui déjà, ils ont leur propre regard sur la façon dont nous pourrions changer les choses. En tant qu’Engrais du Futur, ils sèment et fertilisent la jeunesse de l’avenir.

Bruxelles : Il y a beaucoup de jeunes dans nos villes. Pour ma part, je ne fais que rajeunir depuis les années 1970! Je suis la plus jeune région de Belgique et la plus jeune capitale de l’UE: un tiers de ma population a moins de 25 ans! Alors oui, attardons-nous sur ce groupe. Rappelle-moi, Bratislava, comment définissons-nous la jeunesse dans ce projet ?

Bratislava : La jeunesse est le moment où les enfants deviennent progressivement autonomes vis-à-vis de leurs parents. C’est la période au cours de laquelle ils développent leurs idées et leur identité. Cela passe par leurs relations les uns avec les autres. L’Union européenne définit les jeunes comme ayant entre 13 et 30 ans, c’est donc cette catégorie d’âge que nous considérerons pour notre projet.

Bruxelles : Mais regarde-nous, nous avons plus de 1000 ans. Je ne suis pas sur TikTok, je n’investis pas dans les cryptos… Rester en contact avec les jeunes a toujours été un défi, et les développements technologiques rapides ne facilitent pas les choses. Les jeunes d’aujourd’hui, qu’on appelle la génération Z (nés entre 1996 et 2010), forment un groupe compliqué à définir, plus difficile à suivre et pas évident à imaginer dans le futur.

Bratislava : Mais attends, en 2035, ils auront entre 25 et 40 ans… ce n’est plus de la jeunesse, ça!

Bruxelles : C’est tout à fait vrai. Les jeunes de 2035 seront majoritairement issus de la génération Alpha, c’est-à-dire nés entre 2011 et 2025. Ils auront entre 10 et 24 ans en 2035.

Bratislava : Ça veut donc dire que nous allons étudier le devenir d’une génération dont certains membres ne sont même pas encore nés… Devons-nous faire appel à des oracles et des astrologues?

Bruxelles : Haha! Non, pas vraiment. Nous pouvons nous baser sur certaines informations existantes, qui pourront nous aider à explorer leur évolution potentielle. Chaque génération est fortement déterminée par certains éléments comme l’époque à laquelle elle grandit et la réalité matérielle qui l’entoure. Par exemple, la Génération silencieuse a traversé la Grande Dépression et la Seconde Guerre mondiale et écoutait la radio. Les Baby-boomers ont grandi dans la prospérité économique d’après-guerre avec l’idée que les choses allaient s’améliorer, et les nouvelles leur parvenaient via la télévision.

Bratislava : Ok, je te suis. De la même façon, la génération X a été façonnée par des circonstances économiques difficiles dues à la deuxième crise pétrolière, la guerre froide et la fin de la liberté sexuelle avec l’apparition du VIH. C’est la génération MTV, celle des magnétoscopes et des baladeurs.

Bruxelles : Et puis nous avons la génération Y. Ils ont grandi avec des problèmes mondiaux comme le terrorisme. L’essor d’Internet et des réseaux sociaux a façonné leur vie.

Bratislava : Du coup, en étudiant les tendances et les développements technologiques qui influenceront les mondes possibles de 2035, nous pouvons nous faire une idée de ce à quoi pourrait ressembler la tranche d’âge suivante. Et bien sûr, nous pouvons déjà examiner leur vie en tant qu’enfants.

Bruxelles : Nous pouvons également observer leurs parents, la génération par laquelle ils sont élevés.

Bratislava : La plupart des membres de la génération Z sont des enfants de la génération X, plus pragmatique, et la plupart des enfants Alpha seront les descendants de la génération Y, connue pour être plus rêveuse.

Bruxelles : Voilà. Alors, les jeunes d’aujourd’hui et ceux de 2035: que pouvons-nous dire d’eux ?

Bratislava : La génération Z grandit dans un monde au rythme effréné, au milieu de crises mondiales comme la crise financière, le changement climatique et la crise de la démocratie – pensez au Printemps arabe, par exemple. Ils grandissent avec un accès Internet sans limite, partout et via différents appareils, constamment exposés à l’information. Les influenceurs sur les réseaux sociaux sont leurs héros, comme le YouTuber PewDiePie ou GoGo en Slovaquie.

Bruxelles : Et la Generation Alpha grandit dans toujours plus de chaos, de complexité et de contradiction?

Bratislava : C’est le moins qu’on puisse dire, et tout ça en jouant contre des bots, attirés par tout ce qui a un écran – j’ai hâte de voir quel impact tout cela aura.

Bruxelles : Leurs arrière-arrière-arrière-grands-parents en Europe ont connu une période pendant laquelle on brûlait des personnes innocentes sur un bûcher. Les enfants alpha devraient pouvoir survivre aux smartphones et aux tablettes, non?

Bratislava : Pas faux. Honnêtement, je ne me fais pas trop de soucis non plus.

Bruxelles : La génération Alpha est censée devenir la génération la plus instruite de l’histoire et la plus férue de technologie. Leur grand challenge, ce sera d’en gérer à la fois les opportunités et les défis.

Bratislava : Les réseaux sociaux seront leur mode d’interaction dominant. Leurs amis pourraient être des robots, ils pourraient avoir des nanotechnologies dans leur corps qui surveillent leur santé, des dispositifs de lecture mentale ou des implants avec n’importe quelle fonction. Pourront-ils encore écrire ou conduire une voiture?

Bruxelles : Ou parler à un inconnu sans masque?

Bratislava : Tu as vu qu’on envisage de changer le nom de la génération Alpha en génération C, en référence à COVID?

Bruxelles : Haha! Non, je ne savais pas. On dirait que pour certaines personnes, nommer et jongler avec les stéréotypes générationnels est un véritable passe-temps. Mais tu sais, la pensée générationnelle a ses avantages et ses inconvénients…

Bratislava : C’est clair. Il y a autant de différences que de similitudes lorsqu’on compare différentes générations, c’est une généralisation plutôt drastique au final.

Bruxelles : Surtout qu’avec chaque génération, il devient de plus en plus difficile de généraliser. Par exemple, la génération Z: ils grandissent sur Internet et personne ne sait ce qu’ils y font. Une fois sortis de leur obsession pour les films Disney, ils lancent une chaîne YouTube pour partager leurs créations artistiques sur ongles, avant de se jeter corps et âme dans Fortnite et Dinosaur Metal, pour finalement décider de se convertir au bouddhisme, le tout en communiquant à l’aide de mèmes.

Bratislava : C’est vraiment ça. Ils ont tellement de liberté et de créativité pour former leur identité, que cela crée une diversité jamais vue auparavant au sein d’une même génération.

Bruxelles : Ajoute à ça le fait que je sois la ville la plus cosmopolite d’Europe et la deuxième au monde, avec plus de 180 nationalités et 108 langues différentes parlées! Au-delà des origines ethniques et culturelles très diverses, les différences entre les jeunes de différents quartiers sont également importantes à prendre en compte.

Bratislava : Contrairement à toi, Bruxelles, ma diversité est assez limitée pour l’instant. Nous avons de petits groupes d’étudiants internationaux et quelques groupes ethniques, mais ils sont tous très intégrés. En revanche, on peut parler d’une certaine diversité d’opinions, de valeurs et d’états d’esprit qui grandit rapidement chez moi. En raison de mon ouverture d’esprit, j’attire par exemple des personnes de la communauté LGBTQIA+, qui se sentent plus acceptées ici que dans les régions plus rurales du pays.

Bruxelles : Cette diversité rend parfois ma jeunesse difficile à comprendre, à atteindre et à impliquer. Mes jeunes sont très connectés à leurs pairs, à leur quartier et à leur origine ethnique, mais leur lien avec le reste de la ville est plutôt pauvre. Un quart des jeunes sont au chômage et se sentent déconnectés de la politique et de leur ville. Beaucoup d’entre eux se sentent exclus et stigmatisés par les médias et la police. C’est un sujet sensible, mais très actuel.

Bratislava : En Slovaquie également, il y a un manque de confiance dans les politiciens et les institutions. 80% des jeunes Slovaques pensent que leur voix n’est pas entendue. En conséquence, nous assistons à la montée de l’extrême droite ainsi qu’à une popularité grandissante pour certaines théories du complot. Même si beaucoup de jeunes admirent mon maire actuel Matúš Vallo, ils ne s’engagent pas dans les affaires publiques. Le système ne prépare pas les jeunes pour leur avenir, et ils ne sont pas contents.

Bruxelles : Alors… s’il y a un sujet concernant la jeunesse de 2035 que nous devrions étudier, d’après toi… quel serait-il, Bratislava ?

Bratislava : Tout comme toi, nous avons fait beaucoup de recherches, parlé à des experts et recueilli plus de 277 questions de citoyens. Un thème récurrent et très actuel semble être la santé mentale de nos jeunes, influencée par la pandémie mais aussi par le rôle croissant de la technologie dans leur vie.

Bruxelles : Intéressant… Dis m’en plus.

Bratislava : L’adolescence est une période cruciale pour développer des habitudes sociales et émotionnelles importantes pour le bien-être mental. On observe une augmentation des troubles mentaux, et l’apparition de nouvelles formes comme l’orthorexie, la bigorexie et l’anxiété climatique, et la plupart des cas restent sous-diagnostiqués et sous-traités. En 2020, IPčko (une ligne d’assistance slovaque) a fourni 52 682 fois de l’aide à des personnes qui en avaient besoin. La même année, en raison de l’énorme charge de travail, 60 147 demandes d’assistance n’ont malheureusement pas pu être satisfaites.

Bruxelles : La situation est similaire ici. Déjà avant la pandémie, de nombreux jeunes ne se sentaient pas bien. La génération Y est parfois surnommée la génération sacrifiée, et manifeste des signes de stress et de frustration élevés au travail. Maintenant, les Gen Zers, qui sont encore aux études, se sentent également épuisés, déprimés et frustrés dans leur vie personnelle. Un indicateur frappant est le taux de suicide: en Belgique, le suicide est la cause de décès la plus fréquente chez les jeunes de 15 à 24 ans. Des recherches récentes ont montré que pendant la crise du COVID-19, 1 jeune sur 4 entre 18 et 29 ans a envisagé le suicide.

Bratislava : Ce sont des chiffres inquiétants. L’époque à laquelle ils grandissent n’est pas facile, évidemment. Ils ont beaucoup d’options, et leur succès est dans leurs mains. Toute personne ayant accès à Internet peut réussir de nos jours, n’est-ce pas? Mais les chemins qui mènent à cette réussite sont flous, et souvent leurs parents ne savent pas non plus comment les guider.

Bruxelles : En effet. Tout est possible, ils peuvent être eux-mêmes et ils ont beaucoup de liberté. D’autre part, ils souffrent aussi du manque de frontières et de certitudes. Et ils ne savent pas à qui faire confiance et ce qui est réel.

Bratislava : Du coup, tant qu’ils ont assez de batterie et une bonne réception sur leur téléphone, ils peuvent toujours se référer à ce qu’ils trouvent sur les réseaux sociaux, pas vrai?

Bruxelles : Les réseaux sociaux sont l’endroit où ils échangent avec leurs pairs et vont chercher conseil pour leur vie: des recettes pour être plus cool, plus performants ou encore se faire coiffer. Mais dans quelle mesure ces plates-formes sont véritablement un environnement sain, ça, c’est discutable.

Bratislava : Tu as vu « The Social Dilemma »?

Bruxelles : Oui! Tout le débat sur la façon dont les géants tech manipulent notre attention est passionnant et très actuel. Mais jusqu’à présent, seuls les employés des entreprises tech et leurs enfants ont quitté les réseaux sociaux.

Bratislava : Et c’est précisément via ces canaux que les jeunes sont bombardés d’informations sur l’état terrifiant du monde: la politique, les droits humains, le climat, …

Bruxelles : … les pandémies ?

Bratislava : Oui, aussi. Cela nous amène à l’impact de COVID-19 sur la santé mentale des jeunes. Planifier l’avenir est tout à coup devenu impossible. Confinés avec des parents parfois très dominants et stricts, certains même agressifs, ou à l’opposé très laxes et absents, ils ont parfois été exposés à des situations difficiles. La vie sociale est passée d’un environnement hybride entre le physique et le digital, à un environnement exclusivement en ligne. Ne pas pouvoir sortir avec ses amis, c’est dramatique à cette étape de la vie. La génération Z a vécu cela très consciemment, mais la génération Alpha sera également impactée.

Bruxelles : Parmi les différentes causes des problèmes de santé mentale, l’importance de relations saines est devenue une évidence pendant la pandémie de Covid-19. La Fondation pour la Santé Mentale définit ces relations comme « la manière dont deux personnes ou plus sont connectées, ou l’état d’être connecté ». Des études récentes menées en Irlande et aux États-Unis ont montré que des interactions sociales et relations négatives augmentent le risque de dépression, d’anxiété et d’idées suicidaires, tandis que les interactions positives réduisent ce risque.

Bratislava : Et si nous prenions ces relations saines comme point central de notre exploration de la jeunesse en 2035?

Bruxelles : Oui ! L’avenir pourrait apporter une numérisation croissante de nos vies (sociales), un rôle plus important pour les bots comme dans “Her”, des relations plus éparpillées à travers le monde, et bien d’autres évolutions. Analysons donc avec nos citoyens ce que cela pourrait signifier d’avoir des relations saines en 2035, et comment les villes du futur peuvent soutenir la formation de relations saines pour les jeunes…

Bratislava : …c’est donc notre question de recherche: “bonne réception et batteries chargées : comment les jeunes Bruxellois et Bratislaves tisseront-ils des liens en 2035 ?”

Bruxelles : Exactement! Et nous conduirons nos recherches avec le plus de citoyens possible.

Bratislava : Ceci est donc un appel à tous nos lecteurs : envie de vous lancer dans cette aventure un peu folle? Dites-le nous!

Bruxelles : Des lieux comme des centres culturels ou des maisons de jeunes pourraient accueillir nos rassemblements et nos labs, et nous pouvons leur proposer des activités passionnantes ayant à faire avec le futur. Nous recherchons des écoles, des agences de recherche, des étudiants qui aiment faire de la recherche sur la jeunesse, sur la santé mentale, sur la technologie ou sur l’avenir, qui aiment expérimenter avec de nouvelles méthodes de diffusion de ces recherches. Nous aimerions collaborer avec des créateurs qui souhaitent co-créer du contenu sur l’avenir des jeunes. Créatifs et créateurs en tout genre, vous êtes officiellement invités à participer à cette expérience de création d’une histoire du futur.

Bratislava : En bref, nous trouverons un rôle pour chaque personne volontaire. Et promis, ce sera amusant!

Bruxelles : Oh oui!

Bruxelles : Allez, prends soin de toi et à bientôt.

Bratislava : Toi aussi! Ciao, Bruxelles !


Solidarité (x confiance) + expressions culturelles (x sentiment d’appartenance) + interactions sociales (x réseaux sociaux) = Partager la ville

Avertissement: Cet article est le résultat d’entretiens avec divers experts, de recherches de bureau et de discussions avec les Bruxellois autour de la question « Comment partagerons-nous la ville les uns avec les autres à Bruxelles en 2030 ? ». L’objectif de ces recherches est de cartographier l’état actuel et d’analyser les tendances, servant ainsi de base pour nos histoires futures.

APERÇU
💬 Intro : qu’entend-on par “partager la ville” ?
👀 2030 : dans neuf ans
👹 La vraie réalité : les quatre monstres
👊 La barrière de résistance : les six obstacles
👂 Apprendre et apprendre : les bons exemples à échelle locale et mondiale
💘 Attention : futurs en chantier

Intro : qu’entend-on par “partager la ville” ? 

Chère Bruxelles,
vous n’êtes pas une tarte: nous ne pouvons pas vous découper en parts égales et vous partager entre nous !

Merci aux Brusseleirs d’avoir insisté sur ce point 🙏🙏

Nous voulons vous partager, chère Bruxelles, en partageant les mondes matériels et immatériels dont vous êtes faite: trajets en bus, espaces, fêtes, connaissances, informations, soins, règlements, ressources, cultures, identités, langues, temps et histoires.

Mais… pourquoi devrions-nous partager la ville quand nous pouvons être heureux dans nos bulles ?

On emménage dans un milieu urbain pour les opportunités et les nouvelles expériences, mais aussi parce que l’on ne doit pas forcément s’assimiler, contrairement à dans un village.

Les crises comme le changement climatique, le terrorisme et la pandémie ont remis en question la vie en ‘bulles’: dans ces moments critiques, nos interdépendances et nos vulnérabilités prennent tout leur sens. En réalité, nous comptons énormément les uns sur les autres pour répondre à des besoins fondamentaux: nous avons besoin de lien social pour lutter contre la solitude, et nous avons besoin de pouvoir faire confiance aux autres pour nous sentir en sécurité et en bonne santé.

Les gouvernements du monde entier l’ont compris. Lors de la dernière conférence Habitat III en 2016 par les Nations Unies, ils se sont tous engagés à embrasser la diversité et la vie ensemble, parmi de nombreux autres objectifs.  

Nous ne voulions pas nous fier uniquement aux objectifs et promesses officiels; nous avons donc consulté les Bruxellois, dans les rues bruxelloises. Pour eux, vivre ensemble en 2030, c’est :

🎯 La solidarité au-delà des différences
🎯Un sentiment d’appartenance pour tous
🎯 Un tissu social riche
🎯 Un affichage créatif d’expressions culturelles
🎯 Une citoyenneté active
🎯 L’habitabilité pour tous
🎯 Partager de nouvelles histoires à propos de la ville

2030 : dans neuf ans

2030 sera une année particulière pour Bruxelles: en effet, la Belgique fêtera ses 200 ans d’indépendance! 🎺
Au cœur de ces festivités, Bruxelles aspire à célébrer l’esprit et le titre de Capitale Européenne de la Culture. 🤞🤞

Bruxelles en 2030 : que savons-nous ?  🙈🙈

Nous serons plus, et plus diversifiés.

Nous compterons beaucoup de nouveaux arrivants, grâce aux migrations climatiques (abondance de nourriture exotique à Bruxelles).

Ces nouveaux arrivants seront humains, mais nous accueillerons également des robots, des champignons et d’autres espèces.

Certains d’entre nous adopteront le multilinguisme (choix difficile), d’autres continueront à s’appuyer sur des outils de traduction (pas toujours efficaces pour une interprétation en temps réel).

Certains quartiers accueilleront la plupart des immigrés, devenant ainsi encore plus denses et donc peu attractifs pour beaucoup d’autres.

La sécurité deviendra un défi encore plus grand (ah mais non, pour une fois toutes les instituions ont pu se mettre d’accord sur quelque chose – une politique de surveillance stricte dans la capitale, tout va bien, rassurez-vous).

Nous aurons beaucoup plus de caméras et elles seront de meilleure qualité, plus compactes et mobiles, avec de meilleurs logiciels d’analyse et de reconnaissance faciale… souriez, vous êtes filmés!

On devra construire de nombreuses habitations neuves, tant publiques que privées – mais dans quel espace?

Bruxelles va devoir grandir verticalement (ceci signifie-t-il la fin de la dynamique de quartier?).

Cela rendra Bruxelles trop dense, posant la question « nature en ville » versus « nature ou ville ».

Cette densification excessive nous obligera à vivre et à nous déplacer très, trop près les uns des autres (REP la distanciation sociale).

La surdensification affectera principalement les populations pauvres et vulnérables (tiens tiens…).

Ah mais attends, on a des logements sociauxon va les construire où, ceux-là, au nord ou au sud?

Plus de logements, c’est moins d’espaceles citadins peuvent faire pousser leurs légumes en ville (le choc sans fin des bulles).

Que diriez-vous de jardins urbains sur les toits des logements sociaux pour favoriser la mixité ?

Et si les politiques de travail à domicile mises en place durant Covid-19 étaient maintenues, ne fût-ce que dans les institutions européennes? Nous aurons dès lors beaucoup (plus) de bâtiments vides en 2030.

Mais bon, si ça se trouve, tout ça, c’est des fake news… Comment allons-nous nous faire confiance dans une ville hyperdiverse comme Bruxelles ?

On peut continuer à spéculer sur l’avenir…
Mais quelle est la vraie réalité ?

La vraie réalité : les quatre monstres  

  1. Nous sommes tous très différents, de plein de façons différentes.

Pour partager la ville de Bruxelles les uns avec les autres, nous devrons tenir compte:
des cultures
des mouvements (nouveaux venus vs anciens Bruxellois)
des communes
des besoins différents
des genres
des générations
des religions
des classes socio-économiques
des espèces

2. Le nord de Bruxelles ≠ le sud de Bruxelles

Une chose que nous remarquons tous en nous déplaçant à Bruxelles : la ville change lorsque’on traverse le canal, pour le meilleur et pour le pire. Notre capitale est connue pour abriter à la fois les communes les plus pauvres et certaines des municipalités les plus riches du pays. Bruxelles est perçue comme l’une des villes les plus vertes d’Europe, malheureusement, ce n’est pas vrai pour tout le monde. Cette division reflète également la montée des inégalités socio-économiques entre communes.

Répartition des revenus dans la région de Bruxelles-Capitale

Dans la vie de tous les jours, certaines franges de la population bruxelloise se côtoient à peine. Cette ségrégation de fait est un défi pour l’habitabilité de la ville à long terme.

3. 1 Région, 2 Communautés et 19 Communes : des objectifs différents et des visions différentes

Source : Discover Brussels 2020 NL VGC

Institutionnellement, Bruxelles comporte deux communautés (déterminées par deux langues, le français et le néerlandais), même si nous savons tous qu’en réalité, il y a beaucoup plus de communautés ethniques et culturelles. Actuellement, on parle plus de 164 langues différentes à Bruxelles! Cependant, l’intégration s’organise autour des deux communautés linguistiques officielles, et la pluralité des langues et des cultures est complètement ignorée, surtout lorsqu’il s’agit d’accueillir de nouveaux arrivants.

Le processus d’intégration tel qu’il est aujourd’hui est plombé par la bureaucratie: on attend surtout des nouveaux arrivants qu’ils s’éduquent en long et en large sur le travail administratif autour des cartes d’identité et des impôts. Et si on se concentrait plutôt sur leur inclusion en tant que citoyens, en les mobilisant dans les politiques locales et en appelant à leur contribution dans le développement de l’avenir de leur ville?

4. Partage versus distanciation sociale

Les interactions post-covid sont une grande question: serons-nous plus prudents dans nos interactions avec des inconnus? Allons-nous traîner uniquement avec les gens que nous connaissons? Serons-nous ouverts aux rassemblements spontanés?

La « peur des autres » est désormais très présente dans notre vie quotidienne et a affecté notre santé mentale.

Il existe par exemple de sérieuses craintes que le public rejette les transports en commun en faveur des véhicules motorisés et vélos individuels. Certaines politiques de confinement pourraient rester après la fin de la pandémie, normalisant ainsi le télétravail, les achats en ligne et l’enseignement à distance.

Partager la ville dans ces circonstances nécessitera de réapprendre l’acte et le sens du partage.

La barrière de résistance : les six obstacles

Afin de partager les uns avec les autres…

  1. nous devons nous ouvrir, nous adapter, nous ajuster, tolérer… Comment motiver différentes communautés à s’ouvrir les unes aux autres?
  2. nous devons étendre notre attention et notre solidarité aux étrangers et aux autres espèces. Comment pouvons-nous nous soucier et prendre soin de personnes que nous ne connaissons pas?
  3. différents groupes vivant les uns à côté des autres doivent interagir. Comment construire des ponts entre ces différents quartiers, au sens propre comme au figuré ?
  4. nous avons besoin d’accès – aussi bien d’un point de vue physique, que les informations et connaissances nécessaires. Comment concevoir et aménager Bruxelles pour un public diversifié?
  5. nous devons pouvoir nous exprimer confortablement. Comment accueillir la pluralité linguistique, culturelle et identitaire?
  6. nous avons besoin de ressentir un sentiment d’appartenance. Comment pouvons-nous faire en sorte que tout le monde se sente à sa place à Bruxelles?

Apprendre et apprendre : les bons exemples à échelle locale et mondiale 

Parks for All New Yorkers est un projet qui propose de relever 3 défis pour créer plus de diversité dans les parcs. 1. Accroître le niveau de soin des parcs grâce à une communication multilingue ; 2. Réserver l’espace du parc pour les sports et les événements ; 3. Diversifier l’expérience du parc en faisant appel à des échoppes de nourriture culturellement diversifiées.

Brass’Art café à Molenbeek est un café communautaire qui veut abattre les murs de la division sociale et religieuse en offrant un espace où des personnes d’horizons culturels divers peuvent se rencontrer.

Le Manguier en Fleurs à Bruxelles crée un espace physique d’engagement qui sert de plateforme de dialogue entre nouveaux arrivants, d’échange d’informations et de création de réseaux.

La House of One sera un lieu à Berlin où la coexistence des religions se vit de façon paisible. Elle rassemble une synagogue, une église et une mosquée sous un même toit. La House of One servira de lieu de rencontre, où les fidèles et les membres du public pourront se réunir et en apprendre davantage sur les différentes religions et les uns sur les autres.

Queering the Map est une plateforme de cartographie collaborative gérée par une communauté. Cette plateforme archive numériquement des expériences LGBTQ2IA+ vécues dans l’espace public. Les bancs, les arbres, les portes racontent des histoires sur une réalité différente, que nous ne voyons pas.

Le programme « Inclusion par le sport » à Strasbourg vise à soutenir l’intégration de personnes réfugiées ou demandeuses d’asile par le sport. Les participants sont engagés dans des activités physiques concrètes. Ils sont initiés aux programmes de santé existants et, par conséquent, sont sensibilisés à leurs droits en tant que citoyens. Habilités par le bien-être, ils sont ainsi poussés à prendre soin d’eux-mêmes.

Que pouvons-nous apprendre de ces projets?

  • Il n’y a pas de formule toute faite pour vivre ensemble dans l’hyperdiversité: cela nécessite des ajustements pratiques quotidiens et des discussions conscientes.
  • L’inclusion d’artefacts (objets chers à différentes cultures et communautés) dans un espace partagé aide les différentes personnes à se sentir à l’aise.
  • Donner de la visibilité à des formes hybrides d’art et de culture dans la ville. Ce choix permet d’encourager les interactions entre des communautés différentes, et peut motiver davantage de personnes à contribuer.
  • La promotion de l’activité en plein air toute l’année, par le biais de la conception et de la programmation pour diverses conditions météorologiques, y compris des espaces publics respectueux de la pluie, est vitale pour les interactions sociales.
  • Il est plus facile de rassembler des personnes d’horizons différents autour d’un besoin commun, exprimé par eux (par exemple: apprendre une langue). Une fois ces différents groupes rassemblés, un espace peut être créé pour favoriser un échange se focalisant plus sur la vie quotidienne. Il s’agit là d’un ingrédient-clé pour construire un tissu social riche.
  • L’utilisation de formats visuels tels que des cartes et des diagrammes permet d’obtenir des vues différentes et aide des personnes diverses à comprendre les multiples couches de la société.

🚧 Attention: Futurs en chantier 

« L’inclusion ne consiste pas à organiser quelque chose qui plaît à tout le monde, mais à s’assurer que tout le monde trouve quelque chose qui les intéresse ».

Marie Umuhoza, coordinatrice du festival Underneath Which Rivers Flows

Gardez un oeil sur nos réseaux pour en savoir plus sur les éléments qui influenceront l’histoire du futur, et une histoire du futur qui démontrera le partage à Bruxelles en 2030.


Comment partagerons-nous la ville les uns avec les autres à Bruxsels en 2030?

Au cours des derniers mois, nous avons lancé en ligne et hors ligne un appel à questions sur la façon dont nous vivrons ensemble à Bruxelles en 2030. Armés de masques buccaux et de gel hydroalcoolique, nous avons ratissé le parc Josaphat, le Bois de la Cambre, le parc du Scheutbos, le parc de Laeken, Tour et Taxis, le parc de Forest et le parc Léopold. Avec l’aide d’experts, nous avons donné du sens aux 280 questions récoltées et choisi de nous concentrer sur la question de recherche: «comment partagerons-nous la ville les uns avec les autres à Bruxsels en 2030?»

Bruxelles est un véritable laboratoire pour expérimenter avec de nouvelles formes de vie en société. Pendant le Ramadan, de belles traditions comme les tables d’iftar sont partagées par différentes cultures: les Bruxellois aiment mener des conversations passionnantes autour de plats venus de tous horizons. D’autre part, les rues de Bruxelles sont partagées aussi bien par les parades Pride ou Zinneke que par les manifestations Black Lives Matter. Ces exemples montrent comment les espaces sont utilisés différemment que d’habitude, et où les publics sont mélangés. Toutefois, ce n’est pas toujours le cas. 

Avec notre question de recherche, nous voulons explorer comment nous partagerons les mondes matériels (espaces et ressources) et les mondes immatériels (connaissances, cultures, langues, identités, soins et histoires) avec différents types de personnes. Le partage dans la diversité est un ingrédient essentiel pour vivre ensemble dans une ville comme Bruxelles. Pour imaginer les futurs autour de ce sujet, nous devrons naviguer de nombreuses complexités propres à Bruxelles, comme le partage dans l’hyperdiversité, le partage dans un contexte où la diversité varie en fonction de la géographie, le partage dans un labyrinthe institutionnel et le partage à l’époque covid.

Les Bruxellois savent d’ores et déjà comment partager et le point de départ est d’échanger des idées et des points de vue sur ce «partage de la ville» en 2030. Nous faciliterons ce processus dans les mois à venir.

Prenez le temps de parcourir ci-dessous toutes les questions crowdsourcées sur le thème de la vie ensemble en 2030.

Can we have car free city by 2030?
How will the street and buildings look like to create more connection and shared spaces that are not packed?
What tools do we have to connect with others that at first look we don’t see or feel similarities with?
How can we overcome fear and turned it into trust?
Can we have more presence and appreciation for what there is?
How will we avoid conflict and stereotypes between the different populations in 2030?
Will we be able to maintain a secular society and freedom of speech despite current political trends on both sides of the spectrum?
Will the lingua franca of Brussels go from French to English, and will Flemish be further marginalized by this shift?
How can we avoid segregation between linguistic and cultural communities going forward?
What are good structures of houses that you can live harmoniously with other humans and livings while preserving your privacy?
Will our social media and information bubbles already have exploded by then?
Comment créer des liens sociaux entre les différents « ghettos » bruxellois?
Comment les personnes pauvres vont pouvoir prendre leur place dans la société?
Quid du lien intergénérationnelle à la sortie de la crise du Covid?
Est ce qu’il y aura l’allocation universelle?
Est ce qu’il n’y aura plus de sans-abri?
Est ce qu’il y aura un accès faciliter aux droits sociaux pour tous?
Est-ce que notre état veillera à protéger les plus fragiles?
Ma rue sera telle encore si calme?
Que sera la diversité en 2030?
Aurons-nous pu entamer une vraie transition vers une économie locale et résiliente?
Aurons-nous mis en place une forme de revenu universel?
Quel sera la situation des migrants qui tentent de s’établir en Europe, aura-t-on finalement pu les accueillir comme il se doit?
Wie zijn mijn buren? Wat is hun verhaal?
Gaan we meer bomen zien, een groene stad, waar fietsers en voetgangers overal voorrang hebben?
Hoe kunnen we in harmonie en met kennis en respect voor elkaar leven in een diverse samenleving?
Hoe definiëren we diversiteit in 2030?
Hoe hebben we de groeiende ongelijkheid kunnen omkeren?
Hoe vrij bewegen we over grenzen heen?
Zal het nog zo divers zijn als nu, of zullen armere mensen uit de stad verdreven zijn?
Should Brussels become officially trilingual?
Will Brussels ever become an independent state?
Would they change the law so old Belgian houses can be tear down or at least restored properly so the city looks nicer?
Will we dare to ask each other questions about cultural habits?
Will we be open to learning new languages?
Will Covid-19 pandemic amplify the inequalities in the city?
Hoe kunnen we naar een niet racistisch en objectief politie- en rechtssysteem?
Hebben we geld, ondersteuning of voordelige initiatieven van de stad om te kunnen leven en kopen in de Brussel?
Wat is de rol van robots in de politiemacht?
Will there be more cultural sharing?
Comment sera la mobilité à Bruxelles en 2030?
Peut-on prendre quelques exemples de villes françaises plus durables?
Comment sera Bruxelles en termes d’espaces verts/faits divers, pourrait-on en trouver en dehors du centre-ville?
Will Brussels continue to be multicultural?
Me as a newcomer, will I be a part of the real Brussel?
Will COVID-19 pandemic change the way social interaction is conducted?
I notice that society becomes day by day more individualistic. Will it become even more in 10 years?
Will mobility- transport be extended in the city suburbs so that they will have access to the city center?
La ville aura-t-elle plus d’espaces verts?
Will the prices get higher; therefore forcing some groups outside the city?
Will public spaces have more elements that provoke more social activities open air?
Will the city have spaces that remain open all day?
How will i stop being afraid of other people that I consider unfamiliar?
What will be the common point of reference between the groups of the city?
Des moyens d’intégration différents sauront-ils disponibles?
La diversité sera-t-elle toujours un « problème », ou sera-t-elle enfin banalisée?
La diversité sera-t-elle toujours une particularité, un enjeu, ou sera-t-elle acquise et devenue simplement « la norme »?
La mixité sera-t-elle intégrée à nos manières de fonctionner ensemble, tout naturellement?
Bruxelles sera-t-elle toujours une ville « record », ou la diversité sera une donne présente universellement?
Hoe gaan we zorgen dat mensen in de straat elkaar blijven kennen, helpen en bezoeken?
Hoe gaan we polarisering tegen vanuit een bottom-up positie?
Hoe inclusief en toch hoogstaand onderwijs organiseren?
Hoe kunnen we polarisering (bv. op politiek en democratisch vlak) vermijden?
Hoe zal geestelijke gezondheid vorm krijgen in een diverse samenleving?
How will urban mobility enhance social interaction?
Will public transportation aim at creating human interactions at the top of sustainable mobility?
Quel rôle l’agriculture urbaine jouera-t-elle dans la ville?
L’agriculture urbaine sera-t-elle une source centrale d’interactions sociales?
L’interaction entre les différents groupes sociaux sera-t-elle affectée par les anciens modèles de relations entre les classes sociales?
Comment la participation des citoyens aux projets urbains peut-elle être plus inclusive?
Il y aura plus de plateformes en ligne pour atteindre un plus grand nombre de personnes?
L’institution cherchera-t-elle à accroître et à diversifier sa participation aux initiatives ascendantes?
Nowadays creative hubs are run mostly between companies and inaccessible institutions; therefore, they are exclusive and not interested in public participation. How can creative hubs be established in a more participatory way?
How will music play a role in the expression of diversity?
Comment la vie nocturne participera-t-elle à la création d’interactions entre différents groupes sociaux en 2030 ?
How will the urban environment be linked to nature?
How will the city/nature relationship be?
How will people of the city experience nature?
How will be possible to transfer social visibility from online to offline events?
How dense will be the city?
Will a new type of density enable a different set of social interaction?
Y a-t-il possibilité d’établir un réseau centralisé de laboratoires et d’activités (peinture, céramique, poésie) dans les quartiers?
How will the multiculturality of Brussels evolve?
Considering the impact of covid on nightlife, how will that affect the way people meet each other in a long term?
The city is moving away from car-oriented planning and more space is freed for public use; will that form the base for a new way of experiencing social exchanges in the city?
In which way the need of the families will be met?
Will families still moving out of the city in favor of a more comfortable suburban life or the city will accommodate families too?
Comment l’urbanisme peut-il être plus ouvert aux initiatives publiques?
How new ways of mobility and the related configuration of the space will change the quality of interactions in the space?
Will some of the most iconic sights of the city be pedestrianized? Will be avenue Louise more accessible to pedestrians?
How will the relationship between police and the public will evolve?
Will the city be safer?
How will the crime in the city evolve?
How will the linguistic configuration of the city be in ten years?
Will the city become multilingual in practice?
Which languages will be spoken the most?
How will circular economy initiatives change the relationship between public and private?
La confiance sociale permettra-t-elle des initiatives de partage durable à plus grande échelle?
Comment la technologie assurera-t-elle la médiation des relations humaines dans l’utilisation publique de l’espace et des infrastructures?
Y aura-t-il plus d’écoles, plus de salles de classe à l’intérieur qui permettront aux élèves d’avoir une meilleure relation les uns avec les autres?
Y aura-t-il une réelle participation citoyenne où même les citoyens bruxellois non représentés auront leur mot à dire?
Des initiatives comme le jardinage urbain peuvent-elles améliorer l’interaction entre les citoyens?
Is there going to be any chance for people to engage with redevelopment projects instead of having the companies deciding over as in the example of Heysel?
Would acts as the creation of shopping mall be replaced by projects like Tour & Taxis, that include an open public space?
Would it be possible to have a more of a neighbourhood dimension shops instead of malls?
Will there be enough communication of initiatives and actions between the different neighbourhoods of Brussels?
Y aurait-il plus d’activités gratuites dans la ville qui permettraient à plus de gens de participer?
Y aura-t-il plus de subventions pour aider les communautés dans le besoin?
Will the housing construction prevail and the creation of public shared spaces will disappear because of the economic development of the city ?
Will there be more infrastructure for using bikes in the city in general?
Will more people abandon the city because it doesn’t offer a natural environment anymore?
How can diversity be experienced at school in 10 years?
Will there be more physical interaction between people, or will it be done through the social media?
Will sports play an important role on the social interaction of people with each other?
Are there going to be more swimming places as public infrastructure?
How will the garbage disposal will work in 10 years?
Will the traffic problem be solved enabling other methods of transportation?
Will Brussels continue to be a working place for many commuters or will the working people move to the city?
Les petits magasins ethniques existeront-ils à l’avenir, ou seront-ils remplacés par de grandes chaînes?
Is there going to be an alternative to car ownership freeing the space nowadays used as parking?
Will neighbourhoods be bigger or smaller?
Quel genre d’événements publics la ville accueillerait-elle?
Seront-ils liés à la religion comme vacances de Noël?
How will local culture be expressed?
Will kids be playing on the streets of Brussels?
Is there going to be more green space?
Hebben we een duurzame plaats gevonden voor alles en iedereen?
Will there be more systemic inclusion by then?
If coexistence will be achieved, will crime be reduced?
Is communication the primal mode that diversity and coexistence can be achieved?
How can diversity in the workplace can be achieved?
Hoe zal de digitale kloof gedicht zijn in 2030?
Hoe kunnen we digitale toepassingen toegankelijk en betaalbaar maken voor iedereen?
Hoe zullen de moderne communicatiekanalen voor iedereen toegankelijk zijn?
Hoe zal ervoor gezorgd worden dat in 2030 de mensen elkaar makkelijker kunnen vinden?
Hoe zullen er duurzame wijkinitiatieven bestaan, plekken waar er ruimte is om eigen initiatieven op te zetten?
Hoe kunnen we de drempels tot participatie verlagen?
Hoe kunnen we er voor zorgen dat mensen de verschillenden diensten gemakkelijker vinden en kunnen participeren naargelang interesse en eigen kunnen?
Hoe kunnen we de drempel voor participatie voor nieuwkomers in de stad verlagen?
Lage drempels helpen om te participeren waardoor je je talenten beter kan ontwikkelen, je erkend wordt,…?
Hoe kan de verbinding tussen verschillende wijken verbeteren?
Hoe zal er voor gezorgd worden dat je overal kan gaan en staan waar je wil en je goed kan voelen, dat je niet meer moet aarzelen om een “vreemde” winkel binnen te gaan?
Hoe zal de technologie voor betere online vergaderingen zich verder ontwikkelen?
Hoe kan meertaligheid vanzelfsprekend worden?
Zullen we geen pandemieën meer hebben?
Hoe zullen we met eenzaamheid omgaan?
Zal de politie luisteren naar jongeren en hun rol als medewerkers in de stad opnemen?
Zullen vrouwen kunnen gaan en staan waar ze willen zonder lastig gevallen te worden?
Zullen de stadsdiensten toegankelijk zijn voor iedereen, ook voor mensen met verschillende beperkingen (waaronder ook taal, letterkunde)?
Hoe zullen alle aanwezige groepen in de stad representatief vertegenwoordigd zijn in de maatschappij?
Zal Brussel compleet autovrij zijn?
Hoe zullen structurele drempels zijn weggewerkt?
Hoe zullen kinderen keuze kunnen maken op basis van talenten?
Zal Brussel zo groen geworden zijn dat we nu in de publieke plaats eten in plaats van in restaurants?
Zal er geen politiegeluid meer te horen zijn?
Wat zal de rol van praktijktesten zijn in de aanpak van discriminatie op de werkvloer?
Zullen sportcomplexen gratis / toegankelijk zijn voor iedereen?
Hoe zal “slow democracy” zich verhouden ten opzichte van politieke partijen? (bijvoorbeeld kinderopvang, brede school,…)
Zal de stad veilig zijn?
Zal er een nieuwe opleiding zijn, ‘HR’ in de hogeschool?
Hoe zal de verhouding man – vrouw in relatie tot het kind zijn?
Zal diversiteit worden gezien als een oplossing, en niet als een probleem?
How will we share the city amongst each other in Brussels in 2035?
Zal de politie geen wapens meer dragen?
Zullen essentiële beroepen ge(her)waardeerd worden, op een financiële manier of op maatschappelijk vlak?
Hoe zal de toegang tot de arbeidsmarkt ook tot hogere niveaus gaan?
Hoe zal er ingezet worden op talentgericht aannemen i.p.v. te focussen op bepaalde diploma’s?
Hoe zullen scholen de rol opnemen om in te zetten op talenten om zo het verschil in de rijkdom van de ouders te neutraliseren?
Hoe kan er meer focus komen op mentaal welzijn, zowel op school als in de vrije tijd?
Hoe kan de overheid een facilitator worden van de burgers; hoe kunnen de burgers en de overheid op gelijke hoogte komen, want de mensen zijn de changemakers?
Hoe kan de mening van een grotere groep burgers worden meegenomen in het maken van het beleid.
Hoe kunnen we optimistisch zijn, de systemen veranderen heel traag, terwijl de burgers veel sneller zijn?
Past de overheid zich aan aan jongeren?
Passen jongeren zich aan aan de overheid?
Moeten jongeren zich wel aanpassen?
Doet de regering genoeg voor jongeren?
Hoe kunnen we diversiteit behouden en verbeteren?
Hoe kunnen we het integratieproces tussen nieuwkomers en lokale bevolking verbeteren?
Wat is het effect van media op jongeren en nieuwkomers?
Hoe kunnen we de negativiteit van de massamedia filteren?
Hoe kunnen we de lokale burgers culturele « bewustwording » bieden?
Wat zijn de instrumenten om de visie van burgers uit te breiden?
How could the city create more public spaces that are not a square?
How can we fight deforestation?
How will the changing in urban density affect our social relationships?
How could it be possible to recreate the social places available on summertime for the entire year?
How will police relate to diversity in 2030?
Will police robots not be racist?
Will people be happier?
How the relationship between youth and police will change in ten years?
Will the police be more tolerant?
La pratique de la police sera-t-elle inscrite dans un nouveau cadre de pratique approprié afin de garantir l’ordre public?
La mobilité durable prévaudra-t-elle?
How will local communities and international communities engage in the future?
Y aura-t-il différentes façons de comprendre les différentes cultures, à côté de la formation scolaire?
Will the city be more flexible in the way it accommodates newcomers?
Will newcomers have to adapt to the city or will be the city able to assimilate them without pushing them to standardized behaviors?
How will multilingualism be in ten years?
Will English be more integrated into the everyday experience of public services or will it only be a temporary “bridge” language?
Will there be a way to provide the experience of diverse cultures without the spatial experience of the site where those cultures are performed?
How can we enhance social exchanges and create places of interaction on smaller scales, instead of massive parks and public squares?
Bruxelles sera-t-elle toujours aussi multiculturelle qu’aujourd’hui?
Comment la ville pourrait-elle favoriser l’interaction entre les habitants et les nouveaux arrivants au cours de leur apprentissage linguistique?
Comment fixer la fraction entre la communauté internationale et la communauté locale?
How could it be possible for people living different social spheres to meet individuals with a different background?
How can European institutions be more involved in deconstructing exclusive social clusters between their employees?
How could bike infrastructures could car infrastructures?
How the many temporary presences in the city could be integrated into a more meaningful system of interactions?
How could temporary social exchanges in the city lead to a more long-term social effect?
Zal racisme eindelijk een non issue worden?
Kunnen we racisme uitroeien?
Is de samenleving homogener of minder homogeen dan nu het geval is?
Is er een sterkere mix tussen verschillende nationaliteiten, geloofsovertuigingen, … of wordt de bevolking juist meer gefractioneerd hierdoor?
Heeft de huidige opkomst van extreem rechts in Vlaanderen een effect op de Brusselse politiek en samenleving?
Hoe zit het met de aangrenzende Vlaamse gemeenten rond het Brusselse gewest, die ook steeds meer de Brusselse diversiteit reflecteren o.a. door het grote aantal mensen die werken in Brussel maar besluiten om net buiten het gewest te gaan wonen?
Worden randgemeentes binnen x aantal jaar ook als (buitenwijken van) Brussel gezien? Zo ja, hoe staat de politiek hierover en houden deze gemeenten dan ook vast aan Nederlands als voertaal of evolueren deze op termijn eerder naar een tweetalige werking (zoals het oprichten van Franstalige scholen, etc.)?
Is wonen nog betaalbaar in de stad voor jongeren?
Hoe zorgen we ervoor dat wijk/jeugd/cultuur/sociale activiteiten en projecten niet aan de kant worden geschoven voor commerciële projecten?
Is er nog plek en draagvlak om jeugd in eigen stad te laten experimenteren en dingen uit te proberen?
Hoe zou de relatie tussen verschillende bevolkingsgroepen en de politie/overheid zijn gevorderd?
Zal de media voor iedereen evenveel respect hebben?
Gaan mensen meer verdraagzamer zijn voor anderen?
Zal er misschien minder wordt gedacht in groepen?
Blijft iedereen elkaar aanvaarden?
Zou racisme de wereld uit zijn?
Zal er meer gelijkheid zijn?
Gaat er meer appreciatie zijn voor andere culturen?
Hoe zien toekomstige families er uit?
Gaat er meer verdraagzaamheid zijn en minder achterdocht?
Hoe het staat met gelijkheid, duurzaamheid,…?
Zullen we meer vredevol samenleven?
Zullen mens en natuur harmonisch samenleven?
Zullen we een meer divers publiek hebben dan nu?
Is er minder discriminatie?
Bestaat Vlaams Belang nog?
zal racisme nog bestaan?
Is er zichtbaar meer diversiteit dan 10 jaar geleden?
Is er een diverse samenleving die in harmonie samenleeft?
Is er nog racisme?
Zijn mensen toleranter geworden voor andere culturen, klassen, soorten,…?
Voelen mensen van andere culturen, klassen, soorten,… zich nog als een ‘buitenbeentje’ binnen de samenleving?
Hoe gevarieerd gaat onze samenleving eruit zien?
Diversiteit is iets dat ik persoonlijk heel belangrijk vind, maar zal dat niet voor nog meer culturele botsingen zorgen?
Hoe gaan de verschillende culturen met elkaar verzoend zijn?
Gaan mensen meer verdraagzaam zijn t.a.v. andere culturen?
Zal er vrede zal zijn?
Zal racisme en populisme toenemen?
Gaat er meer tolerantie zijn ten opzichte van mensen met een andere geaardheid, etniciteit,…?
Gaat er meer representatie in de media zijn?
Zal de helft van de Belgische bevolking nog bestaan uit Belgen, of wordt de meerderheid buitenlanders?
Gaat er in elk restaurant een speciaal gerecht aangeboden worden van een ander land?
Wordt iedereen meer progressief en verdwijnt racisme op een gegeven moment, omdat men er niet meer onderuit kan komen?
Hoe laten we mensen met totaal andere cultuur zich thuis voelen in een Brussel met totaal andere westerse progressieve ideeën? En omgekeerd, hoe zorgen we ervoor dat de progressieve Brusselaar geen frustraties krijgt tegen mensen die enkele westerse progressieve ideeën nog niet kennen?
Hoe krijgen we pluraliteit zonder fricties tussen verschillende leefgroepen in Brussel?
Zullen bevolkingen nog sterk gescheiden leven?
Will there be more systemic inclusion by then?
Will there be more green spaces apart from the center?
How will we interact after Covid?
Can art in public spaces act as a facilitator between different cultures?
Is there a possibility to live together with natural wildlife in a city?
Can we stop putting asphalt in our cities without harming our way of living?
Is youth going to be included in the decision-making process in the future?
Will it be easier to meet new people in public spaces in the future?
How can we improve the interactions between international citizens and Brusselaars?
Can we achieve a city where as little as possible is owned and as much as possible is shared: from cars, to bicycles, to lawnmowers?
Is it possible for people from different cultures to get to know each other so that they can share with each other?
Are people who have lived here for a long time (but not have the Belgian or double nationality) be allowed to help make decisions about the city (for example voting)?
Can we make people their lives better by having some creative housing projects?
Gaan er minder regels en formaliteiten zijn om iets fijn te mogen organiseren op openbare plaatsen?
Gaan jonge mensen juist langer of minder lang in de stad blijven wonen?
Heeft iedereen die wilt de kans om uit de stad te vertrekken?
We leven duidelijk in een super diverse stad, maar hoe gaat die diversiteit blijven evolueren?
Gaat de diversiteit stijgen, dalen of stagneren?
Gaat corona een blijvende impact hebben op de manier waarop wij leven in 2030?
Gaat er een grote taalbarrière blijven bestaan?
Wat zijn creatieve manieren om andere wijken te leren kennen?
Is het mogelijk om het verkeer in de stad beter te reguleren?
Is goedkoop tot gratis openbaar vervoer in het centrum van de stad een mogelijkheid?
Wat zijn kleine maar toch impactvolle acties die het algemene leven in Brussel aangenamer kunnen maken?
Kunnen jeugdhuizen een belangrijke rol spelen bij het verbinden van wijken/buurten?
Kunnen alle beter gegoede Brusselaars het verschil maken voor mensen die het minder breed hebben?
Quelle sera la diversité de Bruxelles dans 10 ans?
Est-il possible que les gens soient plus tolérants les uns envers les autres?
Les vélos partagés joueront-ils un rôle majeur à l’avenir?
La ville doit-elle prendre des initiative pour les personne étrangère?
Comment le gouvernement peut-il aidée les jeunes étudiants à se développer ?
Comment motiver les étrangers à étudier chez nous?
Les étudiants étranger ont-ils assez d’aide financier?
Quel aides financière peuvent il apporter?
Que faut-il faire pour motiver les interaction interculturelles?
Faut-il augmenter la fréquence d’exposition plus multiculturel?
La ville devrait-elle encourager les maison de jeunes à éduquer leur jeunes?
La ville doit-elle débloquer plus d’aide et subside pour les maison de jeune?
Comment Bruxelles peut-elle stimuler et organiser des activités plus pertinentes pour les jeunes?
La ville devrait-elle organiser plus d’activités public comme des marchés, foires etc.?
Doit-on organiser plus de sujets scolaire autour de la diversité, pour sensibiliser et éduquer les jeunes?
Doit-on organiser plus de sortie scolaire pour les jeunes basé sur la diversité?
Les partie d’extrême droite ont ils leur place parmi le gouvernement?
Comment peut-on empêcher ou limiter la promotion l’extrême droite et leur message?
Le régime politique actuel est-il adapté au problème et défi des jeunes au quotidien?
Le régime politique actuel est-il adapté au problème et défi des étrangers au quotidien?
Que peut-on faire pour informer le gouvernement des problèmes des jeunes et étrangers?
L’hygiène dans les espace public, est-il conforme au norme?
La ville doit-elle investir plus dans les espaces publics?
La ville doit-elle investir plus dans la propreté des espace public?
Que peut-on faire pour sensibiliser les gens à la propreté des espaces publics?
Sera-t-il possible d’éliminer le vandalisme par des pratiques d’intégration sociale?
L’architecture permettra-t-elle plus de connexion entre les espaces internes et externes?
Y aura-t-il plus d’espaces habitables dans les lieux publics?
Les villes seront-elles plus reliées à la campagne par les transports publics?
Y aura-t-il plus d’espaces pour les initiatives sociales bottom-up?
Y aura-t-il plus d’espaces pour les initiatives de cocréation?
La ville redeviendra-t-elle vivante et vivante en 2030?
Are many people still going to work from 9 till 5?
Est-ce que toutes les genres d’humains continuons de se faire la guerre?
Quel place pour la nature à Bruxelles en 2030?
Are people going to be happier?
Is the rythm of life slower?
Quel sera le moyen de déplacement privilégié en ville?
Are the different cultures mixed?
How will covid impact the future?
What is going to happen around the concept of ecosystemic services?
La ville sera-t-elle co-construite avec les habitants des quartiers?
Y-aura-t-il toujours autant de voitures du Bruxelles?
Est-ce que les quartiers seront de plus en plus mixtes socialement, ou à l’inverse avec de plus en plus d’écant?
Est-ce que nous vivrons mieux?
Is Covid still present?
Est-ce que les schémà de vie peuvent changer?
Are there still cars?
Is there still so much concrete in the city?
Are we going to need heat regulation systems?
La crise du logement à Bruxelles se sera-t-elle tésorbé partiellement ou totalement?
Vivrons-nous de manière plus durable et responsable?
What is the situation of mobility in the city?
Est-ce qu’il y aura plus d’initiatives collectives de petites échelles?
Est-ce que j’aurais encore peur de la police?
Est-ce qu’on devra toujours lutter contre le changement climatique?
Do we produce all our own food inside the city?
Est-ce que je participerais à la vie de mon quartier?
Quels seront les transports en commun qui nous faciliterons la vie?
Comment les gens vont pouvoir se nourir sainement?
Is biodiversity increased in 2030?
Est-ce que le vélo sera le moyen de transport numéro 1?


Bonjour Bruxelles 2030!

Observations de la ville

Lundi 7 octobre 2030
Aujourd’hui marque le premier jour d’une nouvelle année scolaire. Les canicules des dernières années ont eu rendu difficile le retour des enfants sur les bancs de l’école, avec pour conséquence la prolongation des vacances d’été. De façon globale, les vagues de chaleur sont devenues un problème extrêmement perturbant, affectant le quotidien de beaucoup de personnes au sein de la société. L’exemple le plus déplorable fût l’été 2024, durant lequel beaucoup de gens à Bruxelles, principalement défavorisés et âgés, ont perdu la vie en conséquence directe de la chaleur. A l’époque, Bruxelles était considérée comme l’une des villes les plus vertes d’Europe. Malheureusement, cette affirmation n’était pas valable pour tout le monde. Un manque d’abris écologiques et un système d’information mal conçu pour la population extrêmement diversifiée de Bruxelles ont conduit à une série d’événements malheureux directement causés par le changement climatique. La ville éprouvait de grandes difficultés à maintenir ses services basiques, car les travailleurs de l’économie fondamentale faisaient partie de ceux qui souffraient le plus des vagues de chaleur. Pour remédier à ces problèmes, un fonds socio-écologique fut mis en place en 2026. La première mission de ce fonds portait sur l’éclairage public: en installant des capteurs infrarouges, les lampadaires s’éclaireraient désormais uniquement lorsque quelqu’un passe. Graduellement, les ampoules existantes furent également remplacées par une alternative basse consommation. Ceci permit de faire des économies considérables, qui furent réinjectées dans le fonds pour soutenir les groupes les plus vulnérables en isolant leurs habitations partout dans la ville. Cette initiative contribua également par sérendipité à la restauration de la biodiversité, amenant de plus en plus de chauves-souris et de hiboux à fréquenter Bruxelles durant la nuit.

Aujourd’hui, partout dans la ville, nous avons des kiosques qui émettent une brume fraîche pendant les canicules et fournissent un abri d’urgence en cas d’inondation excessive. Les gouvernements locaux utilisent également ces kiosques pour communiquer avec les citoyens et interagir avec eux en écoutant leurs préoccupations et en leur fournissant des informations et autres conseils utiles sur les façons de faire face aux défis actuels. Cette réinvention de la citoyenneté fût cruciale pour lutter contre le changement climatique dans le contexte urbain.

Mardi 8 octobre 2030
Maintenant que tout le monde a repris le chemin de l’école et du travail, il y a beaucoup d’agitation dans la ville. Comme les primes pour les voitures ont été bannies en Belgique afin de financer et améliorer les infrastructures favorisant une mobilité douce, de plus en plus de gens se rendent sur leur lieu de travail à vélo ou grâce aux transports en commun. Le monde politique ainsi que les médias prônent désormais un discours anti-voiture de façon générale. Afin de soutenir cette initiative, les populations les plus jeunes, les plus âgées ainsi que les bas revenus bénéficient d’un accès gratuit aux transports publics. La grande surprise fût l’augmentation phénoménale du nombre de cyclistes. Celle-ci peut être attribuée à la mise en place d’infrastructures plus sûres et de subsides spécifiques pour les vélos électriques destinés à ceux qui n’ont pas de voiture. Prenons le cas de la Belgo-Tunisienne Radjaa: elle avait toujours souhaité faire du vélo, mais avait peur pour sa sûreté ainsi que celle de son enfant. Après avoir rejoint un groupe de cyclisme urbain dans son quartier et circulé collectivement dans la ville durant les heures de pointe, Radjaa se sent désormais beaucoup plus en sécurité. 

Le partage de voiture est également devenu très populaire depuis qu’il est géré à l’échelle des quartiers. En réduisant la fracture numérique, ces services profitent désormais aux citoyens à une plus grande et plus diverse échelle. Et bien que le mardi soit le jour le plus chargé dans la semaine, l’air de la ville est pur, la pollution sonore est faible, les rues sont plus sûres et les gens, moins stressés.

Le partage de voiture est également devenu très populaire depuis qu’il est géré à l’échelle des quartiers. En réduisant la fracture numérique, ces services profitent désormais aux citoyens à une plus grande et plus diverse échelle.

Mercredi 9 octobre 2030
Les mercredis et vendredis, tout le monde bénéficie d’une demi-journée de congé: on ne travaille que le matin. Les salaires ne sont pas affectés par cet horaire, ce droit faisant partie d’un programme progressif mis en place par le gouvernement. Ces demi-journées sont une opportunité pour les gens de ralentir, prendre du temps en famille et de s’investir dans leur communauté et leur quartier. Jusqu’à présent, ce changement a permis non seulement de resserrer le tissu social de la ville, mais également de diminuer l’empreinte écologique collective.

A l’époque, en 2019, une pression importante et envahissante était exercée sur l’empreinte écologique individuelle des citoyens afin d’impacter le changement climatique. Pourtant, au lieu d’avoir une influence positive, cette vision a eu l’effet inverse, rencontrant l’intolérance et polarisant les opinions. Avec “l’initiative climatique de quartier”, les citoyens se concentrent désormais sur l’empreinte collective de leur voisinage. De cette façon, ils se soutiennent l’un l’autre à échelle locale en partageant leurs savoirs et meilleures pratiques. Par exemple, ce soir dans la rue Malibran, les voisins se sont rassemblés pour aider une nouvelle famille de réfugiés à rendre leur appartement plus efficace d’un point de vue énergétique. Cette famille n’est pas encore familière avec l’administration Bruxelloise; leurs voisins écrivent donc ensemble un e-mail au fonds socio-écologique de la Région Bruxelles-Capitale afin de demander une aide leur étant destinée. En parallèle à cette discussion, la communauté locale en profite pour apprendre de ses nouveaux arrivants de nouvelles techniques pour la conservation d’eau, d’électricité et de gaz. Après tout, la pénurie suscite la créativité.

Avec “l’initiative climatique de quartier”, les citoyens se concentrent désormais sur l’empreinte collective de leur voisinage.

Jeudi 10 octobre 2030
Il y a longtemps, en 2012, on lançait les “Jeudis Veggie”; aujourd’hui, à Bruxelles, on a le “Jeûne du Jeudi”. Lancé au départ par des hipsters détournant un rituel propre aux communautés de migrants, le jeûne est désormais devenu normal. Malgré ses origines, il est également une véritable bénédiction pour notre planète. De plus, de nombreux adeptes du “Jeûne du Jeudi” confient avoir un rapport plus sain à la nourriture. Dans une ville comme Bruxelles, où l’on trouve 190 nationalités différentes, il n’était pourtant pas évident de changer les habitudes alimentaires de tellement de monde. Par le passé, beaucoup de gens achetaient des ingrédients venant de l’étranger pour cuisiner leurs plats traditionnels. Cela a graduellement évolué lorsque des chefs avant-gardes de différentes communautés ont commencé à expérimenter avec leurs recettes traditionnelles, en remplaçant la viande et d’autres ingrédients ne pouvant être cultivés en Belgique par d’autres substituts. Le résultat fût un succès au-delà des espérances, incroyablement savoureux. Nous n’en sommes pas encore à un régime 100% végétalien, mais au moins, il y a désormais moins de friction dans le débat de la consommation de viande vs. les normes religieuses et culturelles ce qui, en 2020, était encore une problématique majeure. Initiées par quelques individus, ces alternatives créatives ont démontré des effets positifs à long terme sur la santé; la majorité de la population bruxelloise y participe désormais, prête à adopter l’alimentation durable. Mais l’accomplissement le plus important dans les habitudes de consommation de notre ville jusqu’à présent fut sans doute le fait de garantir que 100% des repas servis dans les écoles soient issus de l’agriculture et l’élevage locaux et biologiques.

Vendredi 11 octobre 2030
Un long week-end démarre, et pourtant, rares sont ceux qui prennent l’avion pour se rendre à l’étranger. En 2021, énormément de gens éprouvaient une certaine culpabilité à prendre l’avion. D’autres étaient contrariés par les lourdes taxes appliquées sur les vols, qu’ils ne pouvaient plus se permettre. Cependant, ni la culpabilité ni la colère n’apportaient de solution à la situation socio-écologique, puisque nous étions bel et bien tous devenus victimes d’une culture consumériste qui priorisait l’individu au lieu du collectif. La question qui faisait sens, c’était plutôt de savoir si ce n’était pas de la gourmandise écologique de prendre l’avion trop souvent, ne laissant pas l’espace pour les autres de prospérer, en particulier les populations défavorisées et les générations futures. Car après tout, la seule chose à faire était de diviser de façon juste ce qu’il restait dans les limites disponibles. La nouvelle stratégie des médias unifiés à Bruxelles a joué un rôle important pour aider les citoyens à aborder le problème dans une langue et un format qu’ils pouvaient comprendre. Les campagnes de pédagogie sur de nouvelles solutions comme le slow travelling et le rationnement des vols en avion ont permis non seulement d’aider les gens à changer leurs comportements, mais également à adopter une véritable “culture citoyenne responsable”. L’Institution Européenne incita les membres du Parlement Européen à Bruxelles à montrer l’exemple au travers d’une politique d’abstention de vol, faisant part d’une stratégie de rationnement des vols en avion. Tous les employés de l’UE reçoivent désormais plus de jours de congé afin de leur permettre de voyager en train. En conséquence, le réseau ferroviaire européen s’est nettement développé et amélioré, avec des trains de nuit au coût abordable. Bien sûr, nous empruntons toujours l’avion, mais avec le rationnement des vols, nous avons considérablement réduit leur nombre annuel.

Bien sûr, nous empruntons toujours l’avion, mais avec le rationnement des vols, nous avons considérablement réduit leur nombre annuel.

Samedi 12 octobre 2030
Ce matin, dans le quartier nord de Bruxelles, un conseil de citoyens s’est réuni avec le Bouwmeester de la région Bruxelles-Capitale pour discuter d’un afflux récent de réfugiés climatiques et du manque d’infrastructures de logement pour les accueillir. En écoutant l’émission «Brussels Talks» pour entendre les conclusions de cette discussion, il est fascinant d’entendre les citoyens, les réfugiés et le Bouwmeester se réunir pour partager les conclusions collectives qui ont été tirées. Dans une prochaine étape, certains réfugiés seront déplacés vers des appartements vides à « Saint-Vide/Leegbeek », tandis que d’autres bénéficieront d’un abri temporaire jusqu’à ce que des logements supplémentaires dans la municipalité de Saint-Vide soient rénovés. À Bruxelles, le débat sur l’augmentation de la superficie bâtie bat son plein. Les nouveaux projets de construction ne sont pas facilement approuvés, la densification ayant fini par entraîner une réduction des espaces verts. Grâce à la revitalisation de notre commune vide «Saint-Vide/Leegbeek», nous pouvons conserver les parcs et espaces verts essentiels, un élément indispensable à la lutte contre le changement climatique. Dans le domaine du développement urbain, il existe aujourd’hui deux objectifs principaux: le logement social à énergie basse et les potagers communs. Grâce aux programmes communautaires sur le jardinage du potager, il existe désormais de nombreux jardins partagés dans les espaces publics et sur les toits. Pour la première fois l’année dernière, nous avons constaté un accès généralisé à des aliments frais et biologiques, au lieu de quelques privilégiés qui en avaient les moyens par le passé. Ça fait du bien au moral et surtout, on assiste au retour de communautés dynamiques, du partage de connaissances interculturelles et du bien-être.

Dimanche 13 octobre 2030
Ce matin, de nombreux Schaerbeekois se sont réunis dans le parc Josaphat pour une discussion spirituelle. Les débats spirituels d’aujourd’hui sont très différents du spiritualisme new age qui se dessinait en 2019. Au lieu d’une transformation individuelle, nous nous concentrons aujourd’hui sur les communautés et le bien-être collectif. De nombreux Européens se sentent également coupables de ce qui se passe dans les pays du Sud. Les changements climatiques ont gravement touché le sud de la planète et les habitants meurent des suites d’inondations, de sécheresses et de chaleur extrême. Nous espérons continuer notre chemin ensemble et restaurer la résilience locale. Chaque dimanche, nous organisons également une table d’hôtes solidaire, où sont servis des repas gratuits préparés avec des ingrédients frais et locaux. La participation fonctionne sur base de dons libres: certains peuvent payer et d’autres pas, mais ce qui est important, c’est que ces déjeuners rassemblent un large éventail de personnes sous un même toit et démontrent une relation saine avec la nourriture. 

Cet après-midi, le panel citoyen va annoncer la distribution finale du budget (50% de la répartition du budget est gérée par un panel de citoyens). Contrairement à l’année dernière, tout le monde a le sentiment que le problème de la «cohésion sociale» va prendre moins d’importance, au vu des évolutions positives récentes. La question du climat, en revanche, reste une priorité. 

Nos modes de vie ont complètement changé: nous ne sommes pas retournés au Moyen-Âge, mais vivons davantage comme nos grands-parents, valorisant ce que nous avons et entretenant des relations plus saines.

Comment en sommes-nous arrivés là?

Nous n’avions jamais imaginé qu’autant de choses pourraient changer à Bruxelles au cours des dix dernières années. Cela exigeait un changement collectif des valeurs, une appropriation de la solidarité et du soutien, ainsi qu’une modification radicale de nos habitudes. Le tournant a été pris en 2019, lorsqu’il est devenu évident que le changement climatique était avant tout une question de justice sociale. Alors que la plupart des émissions de carbone ont été produites par une minorité, les effets ont été ressentis par tous, en particulier par les groupes les plus vulnérables. Par ailleurs, nombre des solutions durables proposées n’étaient accessibles qu’à certains, créant encore plus d’injustice sociale.

Ce n’est que lorsque les citoyens et les gouvernements ont constaté à quel point la transition climatique et la justice sociale étaient liées que nous avons pu faire un bond en avant vers cet avenir éco-social. Cette transition est le résultat d’un changement de mentalité et d’actions collectives, sans imposer de choix individuels mais offrant des alternatives adaptées aux modes de vie. Cependant, chaque individu devait assumer son rôle de citoyen plutôt que de consommateur pour assurer cette transition. Le passage de «l’écologie comme punition» à «l’écologie comme mode de vie agréable» était essentiel. Les gouvernements ont joué un rôle crucial en veillant à ce que les citoyens ne soient pas obligés de choisir entre la fin du mois et la fin du monde.

Nous sommes encore loin d’avoir sauvé complètement la planète ou éliminé les inégalités sociales au sein de notre ville, mais le mouvement est en marche et il ne peut plus être arrêté: il n’y a pas de retour en arrière.

L’année 2019 a été marquée comme une année charnière dans la transition éco-sociale à trois niveaux: premièrement, grâce à des mouvements climatiques et sociaux tels que Youth4climate, Extinction Rebellion et Gilet Jaunes, qui mobilisèrent de nombreux citoyens pour faire pression sur les gouvernements; deuxièmement, l’intégration du changement climatique dans notre vie et l’entraide dans cette transition; enfin, collectivement, nous avons imaginé de nouveaux futurs qui nous ont amenés à prendre des mesures concrètes.

Imaginer des visions collectives pour un avenir éco-social AUJOURD’HUI

Ceci n’est pas une prédiction scientifique de l’avenir de Bruxelles! BrusselAVenir a choisi d’examiner la question suivante: “Comment s’épanouir ensemble dans un Bruxelles 2030 résistant au climat?”. Pas pour y apporter une réponse gravée dans la roche ou remettre en question les plans du gouvernement, mais pour imaginer de nouvelles histoires qui mettent en avant des futurs collaboratifs et interdépendants. Cette année, en avril et en juin, nous avons organisé deux ateliers LabAVenir réunissant des acteurs du changement, des organisations civiques, des chercheurs et des citoyens de Bruxelles. Dans le premier LabAVenir, nous avons centré les discussions sur des spécificités bruxelloises liées au débat éco-social. Les quatre sujets auxquels il est apparu essentiel de réfléchir dans ce contexte sont: la production locale, les médias, la gouvernance et la consommation. Les participants ont ensuite débattu sur ces sujets et imaginé de nouvelles visions du futur éco-social, en incarnant différents personnages (‘persona’) bruxellois issus de notre outil de diversité, ce qui a permis d’envisager diverses perspectives. Les scénarios ci-dessus illustrent des perspectives différentes qui ont émergé au sein de chaque sujet. Ces visions et sujets ont ensuite été débattus dans le deuxième LabAVenir, qui a abouti sur une série d’espoirs et de craintes, ainsi que sur des futurs préférés.

Vous aimeriez savoir plus sur la façon dont nous sommes arrivés à ces visions de l’avenir? Lisez sur notre page Medium.


Comment s’épanouir ensemble dans un Bruxelles 2030 résistant au climat?

Il est urgent pour les villes de devenir ‘vertes’. Mais les initiatives pro-climat comportent également un risque: celui de faire augmenter les inégalités. Le mouvement des gilets jaunes est précisément le reflet de cette tension, née de mesures pour la transition écologique et qui ne prennent pas suffisamment en compte leur impact négatif sur les citoyens ordinaires.

Les mesures écologiques doivent-elles nécessairement être prises au détriment des citoyens les moins aisés, ou la transition vers une ville verte peut-elle, au contraire, être une opportunité pour tous?

Un smoothie pour la transition écologique: “Vert Detox” ou “Vert Désastre”?

Imaginez Bruxelles en 2030.

Une ville verte, écologique et durable. Les habitants ont des voitures électriques et les maisons sont passives avec des panneaux solaires et des fenêtres à isolation écologique. On consomme des aliments sains et d’origine locale. Des citoyens avertis et connectés participent en politique et influencent les décideurs grâce à des applications de démocratie directe.

Les villes écologiques du futur sont souvent dépeintes comme des paradis verts.

Mais qu’en sera-t-il, si la moitié de ce paradis s’avère être un mirage?

Qu’en sera-t-il si, lorsque les voitures roulant aux combustibles fossiles sont interdites, les citoyens les plus pauvres se voient obligés d’abandonner leur véhicule, bien qu’ils vivent dans des zones mal connectées aux transports publics? Qu’en sera-t-il si des critères de construction écologique stricts empêchent les moins fortunés de rénover, aggravant des conditions de vie insalubres dans les quartiers défavorisés?

Qu’en sera-t-il si la nourriture saine et bio reste le privilège de ceux avec un portefeuille comfortable? Qu’en sera-t-il si, bien qu’elles consomment toujours près de dix fois plus de carbone que les pauvres, les personnes aisées paient toujours 4 fois moins de taxes? Qu’en sera-t-il lorsque les jeunes des quartiers défavorisés n’ont ni connaissance ni l’accès aux applications dernier cri que leurs pairs plus privilégiés utilisent pour participer à la vie en société, influencer les politiques ou encore s’auto-former…

Conséquence: les frustrations augmentent. Une élite au pouvoir se retrouve de plus en plus déconnectée d’une grande partie de la population qui se sent exclue de cette révolution verte, high tech et privilégiée. La révolution écologique n’aura pas atteint leur quartier — seulement leur portefeuille.

Plutôt que de devenir verts, les gilets jaunes risquent de devenir rouges de colère…

Pourquoi un smoothie détox n’est pas suffisant

Loin d’être une problématique théorique, ces questions nécessitent de vraies réponses si nous voulons assurer que la transition écologique n’aggrave pas des inégalités déjà fortement marquées. A Bruxelles, le risque de pauvreté touche déjà plus de 40% des jeunes de moins de 15 ans. Si les jeunes marchent pour le climat, il faudra faire en sorte que les mesures en découlant ne leur nuisent pas !

L’inégalité est un des facteurs qui compliquent l’action contre le réchauffement climatique. Les citoyens dotés de pouvoir d’achat ont un accès beaucoup plus aisé aux solutions citadines telles que voitures électriques ou panneaux solaires. Les citoyens plus précarisés se retrouvent, à contrario, souvent pénalisés.

Illustrons avec un exemple concret: une loi qui interdit le centre ville aux vieilles voitures semble inoffensive. Cependant, la plupart des personnes qui possèdent ces vieilles voitures sont des citoyens à bas revenu. Comment ceux qui n’ont pas le pouvoir d’achat d’acheter une nouvelle voiture et ne vivent pas forcément dans des zones bien connectées aux transports peuvent-ils participer de manière égale à la vie de la société? De façon similaire, lorsque le gouvernement prévoit des subsides pour les investissements en énergie verte, ceux-ci excluent les plus précarisés, ceux qui ne sont pas propriétaires ou qui n’ont pas suffisamment d’argent pour s’offrir des rénovations, tout simplement.

Si rien n’est fait, les inégalités structurelles en termes de moyens et de pouvoir que certaines mesures engendrent mèneront inévitablement à destensions sociales et troubles politiques.

Au-delà des cafés hipsters: un smoothie vert accessible à tous

Si inégalités et réchauffement climatique sont interconnectés, est-ce possible d’en faire une opportunité plutôt qu’un problème ? Au lieu de renforcer les inégalités, des principes simples tels que le partage peuvent mener à des mesures pro-climat qui bénéficient à tous, menant à une société non seulement plus écologique, mais également plus intégrée, connectée et égalitaire.

Par exemple, le réchauffement climatique requiert une consommation revue à la baisse. Or, la consommation dans les villes peut être radicalement diminuée à travers la mutualisation des infrastructures. L’optimisation de lieux de vie requiert ainsi des centrales de chauffage partagées, qui à leur tour diminuent le coût de l’énergie. Les systèmes de voitures partagées pourraient diviser le nombre de voitures dans une ville par sept. Par conséquent, les espaces dédiés au parking, devenus obsolètes, pourraient être utilisés pour créer davantage d’espaces verts, et assurer un accès à la nature pour tous. Mais ils pourraient également être utilisés pour construire des immeubles (écologiques) de luxe pour les plus privilégiés.

Quel futur choisirons-nous?

Ensemble, imaginons un futur, et préparons le meilleur smoothie que Bruxelles ait jamais connu !


Action climatique + justice sociale = possible et nécessaire

Hé là-bas, le Bruxellois,

Soyons clairs une fois pour toutes: c’est fini de faire l’autruche. Les scientifiques le confirment et ont des preuves formelles: notre globe terrestre se réchauffe, et c’est notre faute à nous, les humains. Les conséquences sont dramatiques et surtout, irréversibles.

Pour ceux qui seraient encore sceptique à ce sujet: voici la preuve en chiffres, des statistiques extraites du rapport du PIRC.

  • La planète est 1°C plus chaude qu’en 1880.
  • 95% du réchauffement de la Terre est une conséquence d’activités initiées par les humains.
  • Il ne nous reste plus qu’un trillion de tonnes de carbone à brûler avant d’atteindre un changement climatique dangereux.

Euh, attends deux secondes, le quoi climatique? Du coup ça n’a rien à voir avec le recyclage de mes déchets? Cette vidéo apporte un peu plus de clarté concernant le sujet de nos tracas…

Bon, et dans tout ça, où se situe-t-on en Belgique?

Sur le site belge du climat, on constate que la température à Uccle a augmenté de 2,3°C depuis la période pré-industrielle.

Temperatures moyennes Belgique BrusselAVenir
Evolution de la température annuelle moyenne à Uccle entre 1833 et 2018

Les 20 années les plus chaudes depuis 1833, c’est la période entre 1989 et 2017.

La fréquence des vagues de canicule n’a cessé d’augmenter depuis 1970, d’une fois tous les trois ans à une fois par an.

Le nombre de jours où l’on connaît de fortes pluies a lui aussi augmenté et est passé de 3 jours par an en 1950 à 6 jours par an aujourd’hui.

Les 20 années les plus chaudes depuis 1833, c’est la période entre 1989 et 2017.

La fréquence des vagues de canicule n’a cessé d’augmenter depuis 1970, d’une fois tous les trois ans à une fois par an.

Le nombre de jours où l’on connaît de fortes pluies a lui aussi augmenté et est passé de 3 jours par an en 1950 à 6 jours par an aujourd’hui.

La quantité de pluies a également augmenté en hiver.

Climate warming Belgium BrusselAVenir
Inondation en juin 2018, sécheresse en juillet 2018 (2e photo ©Joris Casaer)

Pour Bruxelles, les deux risques les plus importants liés au réchauffement climatique sont des pluies plus importantes, qui mènent donc à un risque accru d’inondations, et une augmentation du nombre de vagues de chaleur tout au long de l’année.

Donc… opérer un changement est une nécessité. Et nous devons passer à l’action dès maintenant.

Attends, mais la Belgique a quand même signé l’Accord de Paris, concernant le climat, pas vrai?

Les objectifs de cet accord représentent un fameux challenge, mais sont indispensables: limiter le réchauffement climatique à moins de 2°C de dépassement par rapport aux températures pré-industrielles et poursuivre les efforts pour limiter l’augmentation à 1,5° C.

Mais comment?

Eh bien, la diminution d’émissions de gaz à effets de serre est technologiquement faisable et économiquement intéressante. Beaucoup de pistes existent déjà, et sont communiquées.

Ces solutions nécessitent un plan de transition, mais comme nous le citions précédemment, il existe déjà beaucoup d’outils pour inciter les gouvernements à revoir leurs priorités et prendre les bonnes décisions.

Plan d’Action Exponentielle pour le Climat BrusselAVenir
Plan d’Action Exponentielle pour le Climat BrusselAVenir
Le Plan d’Action Exponentielle pour le Climat donne un aperçu de la transformation économique nécessaire d’ici 2030 pour satisfaire les exigences  de l’Accord de Paris.

Mais les politiciens belges ont des difficultés à traduire ces ambitions en mesures concrètes.

Les citoyens protestent. Les jeunes font grève. Les entreprises unissent leurs forces. Les artistes font entendre leur voix. Les activistes en tout genre descendent dans les rues.

Un groupe de manifestants n’est pas l’autre – en tout cas, c’est ce que l’on peut penser au premier abord. Les gilets jaunes ont des raisons de protester d’ordre socio-économique, se référant à l’augmentation du prix du carburant, au coût de la vie et aux inégalités en matière de taxation.

Ils protestent avec une autre approche. Sans doute. Mais leurs demandes et leurs attentes sont liées à celles d’autres activistes.

Le réchauffement climatique n’est pas juste. Les gens qui profitent le moins des énergies fossiles et qui sont les moins responsables des émissions de gaz à effet de serre, sont ceux qui souffrent le plus des conséquences.

Le réchauffement climatiques nous concerne tous, mais…

Le réchauffement climatique n’est pas juste. Les gens qui profitent le moins des énergies fossiles et qui sont les moins responsables des émissions de gaz à effet de serre, sont ceux qui souffrent le plus des conséquences.

Les personnes les plus aisées consomment 10 fois plus de carburant que les défavorisés – pourtant ils respirent tous le même air pollué.

Les réponses au changement climatique ne pas raisonnables non plus. Les personnes exclues ou marginalisées sur le plan social, économique, culturel, politique ou autre sont souvent celles qui bénéficient le moins des subventions environnementales, des options de transport à faible émission de carbone, des mesures de résilience et des économies sur efficacité énergétique.

Une loi qui interdit aux vieux véhicules d’entrer dans le centre-ville nuit aux propriétaires de ces voitures, c’est-à-dire les citoyens à faible revenu.

La lutte contre le changement climatique en parallèle à l’augmentation des inégalités requiert une action collective. Il est impossible de lutter contre le changement climatique sans s’attaquer aux inégalités, et inversement.

Tout ceci nous a mené à une question très importante:

Comment s’épanouir ensemble dans une Bruxelles 2030 résistant au climat?

Votre attention s’il-vous plaît. Nous parlons ici de Bruxelles, la ville la plus cosmopolite d’Europe, avec une diversité incroyable dans une population dense, et avec un nombre important de défis d’ordre social.

30% de la population bruxelloise vit sous le seuil de la pauvreté, ce qui fait bien évidemment que le réchauffement climatique n’est pas leur problème le plus important dans l’immédiat. La majorité des ménages loue, ce qui les exclut des subsides accordés pour les rénovations en faveur du climat. Une grande partie des émissions est l’oeuvre des travailleurs qui convergent chaque jour vers Bruxelles pour y travailler, et les gens qui doivent travailler dans cet air pollué sont, encore une fois, le groupe le plus fragilisé.

Il est logique d’envisager des solutions au niveau local.

D’ailleurs, les villes sont les locomotives du changement: elles ont trois fois plus de chances d’entreprendre des actions quand un but est défini. Et les villes sont proches de leur populations: elles connaissent leur vulnérabilité et les défis sociaux et culturels qui les caractérisent.

On connaît les défis, qu’en est-il des opportunités?

Les mesures pour le climat amènent avec elles des avantages sociaux, économiques et écologiques, comme l’amélioration de la qualité de l’air, une énergie renouvelable et plus abordable, et plus d’emploi.

Suivre un chemin sobre en carbone et respectueux du climat peut mener à une société urbaine plus inclusive.

L’inclusion dans la planification de l’action pour le climat signifie:

  • l’implication d’un large éventail de communautés et de parties prenantes (processus inclusif)
  • la justice et l’accessibilité dans la conception et la mise en œuvre (politiques inclusives)
  • des bénéfices distribués aussi équitablement que possible (impact inclusif)

Nous pouvons apprendre comment lutter ensemble contre le changement climatique et l’inégalité à partir de cas existants, tels que le rapport C40 Action Climat Inclusive.

Barcelone a décidé de placer la justice climatique au cœur de son nouveau plan sur le climat, en mettant l’accent sur des actions inclusives qui servent tous les citoyens de Barcelone, mais qui ciblent particulièrement les plus vulnérables. Les cinq domaines d’action de ce plan renforcent cet accent mis sur la justice climatique: (1) priorité aux personnes, (2) ça commence à la maison, (3) transformation des espaces communs, (4) économie climatique et (5) construction commune.

Quelques idées:

  • Mettre en place des mesures qui soutiennent tout le monde et se concentrent sur les personnes les plus vulnérables liées au changement climatique
  • Mettre en œuvre des projets qui répondent à plusieurs besoins et offrent d’innombrables avantages
  • Construire un comité de meneurs varié et inclusif pour assurer une mise en œuvre réussie
  • Créer des structures d’accès et de prix permettant aux communautés à faible revenu de participer
  • Louer auprès de communautés locales pour créer de multiples avantages pour les résidents et augmenter la portée. Il s’agit d’ajuster ses méthodes d’engagement en fonction du groupe cible.
  • Utiliser l’engagement pour utiliser le soutien des autres niveaux de gouvernance
  • Créer une unité centrale de participation du public pour mettre en commun les ressources
  • S’adresser au secteur privé pour qu’il agisse

Nous avons les connaissances. Cherchons maintenant comment nous pouvons effectuer une transition vers une Bruxelles 2030 qui ne soit pas seulement plus verte, mais aussi juste pour tous!